Quelle que soit la revendication; quel que soit le groupe insatisfait; quelle que soit la cible visée, tous les mécontents frustrés se défoulent sur les banlieusards de la Rive-Sud. Vous avez du ressentiment contre n’importe qui et n’importe quoi. Allez-y! N’hésitez pas! Bloquez un pont de la Rive-Sud.
Vous allez attirer l’attention sur la cause qui vous tient à cœur. Les étudiants opposés à la hausse des frais de scolarité l’ont fait récemment. Les pères incompris et mal aimés, à plusieurs reprises. Jusqu’aux Congolais mécontents des résultats électoraux dans leur pays qui ont fermé le pont Jacques-Cartier à la circulation. C’est au point où on doit se demander s’il ne faudrait pas adopter un nouveau règlement avec peine dissuasive pour libérer les automobilistes de la Montérégie de ces prises en otage à répétition.
Les ponts de la Rive-Sud constituent un lien vital pour la ville de Montréal. On va en construire un nouveau dans les prochaines années. Mais on prévoit du même coup démolir le pont Champlain au coût de 190 M$. On nous dit qu’il n’est plus sécuritaire. En est-on sûr? Avant de le soumettre aux pics des démolisseurs, ne devrait-on pas tout faire pour s’en assurer?
Je propose qu’on fasse un appel d’offres à toutes grandes sociétés d’ingénierie et de travaux publics de la planète. Ce qu’on leur demanderait est simple : trouver une façon de maintenir le vieux pont Champlain opérationnel et sécuritaire et s’en porter garant. En échange, on leur donnerait les 190 M$ prévus pour sa destruction et on leur permettrait d’y percevoir un péage. Le coût de l’opération serait minime pour le trésor public et on décongestionnerait ainsi radicalement et pour longtemps la circulation vers la Rive-Sud.
Cette suggestion a l’avantage de ne pas avoir d’adversaires évidents. Aucun lobby, à ma connaissance, ne verrait ses intérêts menacés par la survie du pont. Sauf peut-être les spécialistes en démolition…
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.