Subtilement mêlés aux feuilles d’automne, les premiers disques de Nowell nous tombent déjà dessus. Quand même incroyable qu’on ait pu tirer autant d’albums d’un répertoire aussi limité. Néanmoins, la formule fonctionne parce qu’on espère toujours tomber sur «la» surprise. Des surprises comme on les aime.
En devinant évidemment ce qu’il y a dans la boîte.
Cette année à Noël, quand vous offrirez un disque «made in Québec», il y a 4 chances sur 5 que ça soit un album de reprises. Au cours du seul dernier mois, plusieurs artistes d’ici, dont Dan Bigras et Boom Desjardins, ont lancé des albums de reprises. Ima et les insupportables Lost Fingers avaient déjà fait la même chose au printemps. Sans oublier l’album de Passe-Partout en plus des Bijoux de famille de Ferland qui provoquera peut-être un tsunami semblable à celui causé par les Duos Dubois d’il y a deux ans.
Ces disques existent parce qu’ils se vendent. Certains y voient un fléau, moi pas. Le milieu du disque n’a rien inventé. Dans les spectacles de la fête nationale et à Star Académie par exemple, on fouille systématiquement dans le répertoire des valeurs sûres pour rejoindre un large auditoire.
On traite les artistes qui ont recours à cette formule de profiteurs et de paresseux. Le problème n’est pas si simple. Mettez-vous à leur place deux minutes. Imaginez que vous investissiez temps, sueur et argent pour créer des chansons qui risquent de ne jamais jouer nulle part. Pire, quand vous présenterez un nouveau spectacle, on vous reprochera sûrement de jouer trop de chansons du dernier album au détriment de vos plus connues…
Il est donc facile de comprendre que des artistes «d’expérience» puissent parfois avoir envie de prendre ça cool le temps d’un album… tout en continuant à faire quelques dépôts à la banque. Là où je décroche par contre, c’est quand des artistes de la nouvelle vague choisissent d’embarquer régulièrement dans des aventures passéistes. De voir des beaux talents neufs comme ceux de CÅ“ur de Pirate, Stéphanie Lapointe ou Florence K se prêter à des opérations du genre est assez troublant. À cet âge-là, on devrait être habité par l’urgence de créer et d’innover. Et pas de réchauffer la soupe préparée par sa mémé…