Le dalaï-lama est prêt «à demander pardon» à la Chine. Il a déclaré samedi, à Tokyo, que si la «réalité au Tibet n’est pas ce que nous croyons qu’elle est, nous cesserons même sur-le-champ notre lutte» pour que la province occupée depuis 1959 par Beijing devienne autonome.
Soulignant que sa visite-éclair à Tokyo était apolitique, le chef spirituel des six millions de Tibétains a précisé que la Chine voyait toujours en lui «un fauteur de troubles». «Puisqu’il en est ainsi, je ne veux pas la décevoir», a-t-il fait remarquer, sourire en coin, au Foreign Press Center de Tokyo.
Le dalaï-lama s’engage par ailleurs à abandonner tous ses pouvoirs si la Chine accorde même une semi-autonomie au Tibet. «J’y retournerai», a-t-il lancé.
Pour Tenzin Gyatso, la Chine devrait chercher à avoir une politique plus transparente avec ses ciÂtoyens et l’étranger quand il s’agit du Tibet. «C’est avec la libre circulation de l’information que cette puissance d’un milliard d’habitants sera respectée à l’intérieur comme à l’extérieur. La transparence attire le respect, et maintenant que la Chine cherche à avoir un rôle plus constructif sur cette planète, elle devrait tout faire pour en avoir.»
Il a beaucoup parlé de compassion pour avoir des «relations harmonieuses» et a déclaré que la Chine en manquait. «La véritable harmonie ne peut s’acheter avec de l’argent ou en ayant recours à des balles.»