Vendredi, j’ai la mauvaise surprise de découvrir en page trois du journal Métro un article à propos du palmarès en santé du Fraser Institute décriant le temps d’attente dans le système de santé au Québec et se permettant de suggérer une place accrue du privé en santé.
Ma surprise porte avant tout sur l’importance donnée à cette étude. On pourrait imaginer que le Fraser Institute est un organisme de recherche indépendant, puisqu’il publie plusieurs recherches, comme le palÂmaÂrès de santé et celui des écoles secondaires. Mais en fouillant un peu sur le site de l’institut, on découvre rapidement qu’il est piloté par la droite conservatrice canadienne. Preston Maning, Peter McKay et Tom Flanagan y sont Senior Fellow.
En fouillant encore, on découvre que les objectifs du Fraser Institute sont très clairs : encourager l’élimination des lois qui entravent le libre marché (celles qui protègent les travailleurs, les consommateurs, les citoyens) et éliminer les services publics universels par la privatisation.
Ça tourne à l’histoire d’horreur lorsqu’on reÂgarde les moyens utilisés pour atteindre ces objectifs. En plus de faire des «études» complètement biaisées, l’institut forme des étudiants, professeurs et journalistes pour «mieux répandre la foi».
Des conférences sont aussi organisées par le Fraser Institute pour discréditer des organismes de défense des citoyens : campagne discréditant les groupes anti-tabac en 1999, campagne pour discréditer les environnementalistes en 2009.
À quel point cet organisme peut-il influencer notre société?
Pour bien comprendre la puissance de cet organisme, il faut mettre les choses en perspectives : les revenus annuels de l’institut, pour 2008, se chiffraient à 13 M$, dont 38 % provenaient de donations corporatives. Pas mal pour un organisme à but non lucratif.
De plus en plus, je vois dans le courrier des lecteurs, dans les journaux et sur l’internet les rejetons du système d’endoctrinement du Fraser Institute, qui clament haut et fort un appel à la lucidité.
La roue est en marche, et ce, depuis 30 ans. Nous commençons à en voir les effets.
Étienne Laroche