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Plaidoyer pour la vaccination

L’énergie que je dépense plusieurs fois pas jour pour déboulonner les fausses croyances et les demi-vérités sur la vaccination, vous ne pourriez le croire! Je suis microbiologiste de formation et je sais ce dont le virus est capable. Le virus influenza est une sale bête, froide et diablement habile : il joue avec ses gènes de virulence comme on joue aux cartes.

Ne nous y trompons pas, la grippe, puisqu’il faut l’appeler par son nom, n’est pas un vulgaire rhume : c’est une infection qui assomme et qui, l’histoire le démontre, peut tuer les plus vulnérables. L’ancêtre de notre H1N1 l’a démontré en 1918 : plus de 40 millions de décès sur une population mondiale de 1,8 milliard d’âmes. Les savants fous n’étaient pas encore à la mode dans ce temps-là, les vastes complots non plus.

Au sujet du vaccin, si j’ai tort, et que la deuxième vague frappe mollement, nous n’aurons dépensé que de l’argent et du temps. Mais de toute façon, nous aurons sauvé des vies et épargné plusieurs hospitalisations.

Par contre, si les «anti-vaccins» ont tort, et ils ont tort, ce sont des vies que nous aurons dépensées inutilement. Chaque personne que nous réussissons à convaincre de ne pas se faire vacciner est une cible de choix pour H1N1.

Il faut bien comprendre que lorsque la deuxième vague va véritablement s’amorcer, les choses peuvent aller diablement vite; ça aussi l’histoire nous le démontre. Ne prôner la vaccination que lorsquel’on sera sûr que le virus fera suffisamment de dommages, c’est partir avec deux prises et demie : avec une protection qui n’est efficace que 7 ou 10 jours après le vaccin, le moindre retard risque d’avoir des conséquences désastreuses.

Ils seraient bien surpris, nos ancêtres, s’ils nous voyaient devoir combattre des activistes anti-vaccin, alors qu’eux, en 1918, ils le cherchaient désespérément, ce vaccin…

Voilà pourquoi je la dépense, cette énergie!  Raison de plus, si vous êtes en santé, pour accepter le vaccin : non seulement pour vous, mais pour ceux qui vous sont chers!

Lorsque je vois les dommages que peut causer H1N1, et que je pose un regard qui embrasse à la fois la science, l’histoire, ce que H1N1 est devenu et ce qu’il pourrait être, je me place sans aucune hésitation en première ligne pour la vaccination.
Jean Barbeau, microbiologiste Université de Montréal

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