Dans la section «Opinions» du lundi 23 novembre, Chantal Contant affirmait qu’en ce qui a trait à la langue, nous avions des réflexes de colonisés. Plein de livres techniques et scientifiques passent entre mes mains chaque jour et je puis vous affirmer que les colonisés, ce sont les Français, car, trop souvent, ils utilisent des mots anglais, même si les équivalents français existent et sont d’usage courant chez nous au Québec.
Qui est le colonisé d’après vous? Le Québécois qui, pour ne pas se faire assimiler, défend sa langue, ou le Français qui se laisse aller à la mode états-unienne?
Même si c’est permis, je rappelle à ma fille qu’on ne dit pas «des chevals», mais «des chevaux». Je ne veux pas qu’elle devienne paresseuse et se laisse aller à la facilité. Devrait-on aussi accepter «une oreiller, une avion, une escabeau, etc.» comme on l’entend trop souvent.
Je tiens à ma langue maternelle parce que ce sont ses caprices, ses incohérences et ses incongruités qui font son charme et qui gardent mon esprit en éveil, qui font que je ne me laisse pas aller au laxisme, à la paresse et à la facilité. Déjà qu’en nous urbanisant, nous avons perdu une bonne partie du riche vocabulaire qu’utilisaient nos ancêtres!
En ce qui me concerne, la nouvelle orthographe : «Non merci. Je la laisse aux paresseux et aux
colonisés.»
Richard Normandeau