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Des ventres pleins de promesses

Un sujet en a avalé un autre. Le réchauffement climatique a depuis belle lurette éclipsé la faim dans le monde. La fonte des glaciers et avec elle, la disparition des ours polaires émeuvent davantage aujourd’hui que les sempiternels ventres vides du tiers-monde.

Qu’un milliard d’êtres humains souffrent de faim est grave, certes. Mais les pays les plus riches de la planète en ont déjà plein les bras avec leur population. Au Canada, 800 000 personnes ont demandé de l’aide pour se nourrir en mars dernier. Après tout, la faim dans le monde est une fatalité, et il faut d’abord aider ses propres agriculteurs.

Rien de surprenant donc si le Nord brillait par son absence la semaine dernière au sommet de la FAO à Rome. L’Italie était le seul membre du G8 présent. Difficile de ne pas être là quand on est le pays hôte du conclave mondial sur la sécurité alimentaire.

Il est vrai que le sommet était le cinquième en 13 ans et chaque fois c’est une coquille vide qui est déposée dans l’assiette des affamés. Les promesses n’ont jamais rempli les ventres. Il y en a eu beaucoup à Rome mais pas celle de faire passer de 8 G$ à 44 G$ l’aide annuelle à l’agriculture dans le monde. Oxfam International a accordé une note de 2 sur 10 au sommet. C’est mérité!

Dans l’aide au développement, des miettes sont consacrées à l’agriculture (4 % contre 17 % il y a 30 ans) et elles prennent rarement le chemin des petites exploitations familiales, seules capables de faire vraiment barrage à la malnutrition.

Dans deux semaines à Copenhague, il y aura d’autres promesses. Mais cette fois, tous les grands de ce monde se bousculeront au portillon pour ne pas manquer la conférence internationale sur le climat. Pourtant le réchauffement de la Terre et la sécurité alimentaire sont liés comme les doigts de la main.

Dans les deux cas il faut agir. Mais la volonté politique reste anémique et pas question de chambouler le système économique même si une hausse de deux degrés des températures dans le Sud entraînera une baisse de 20 à 40 % de sa production agricole.

Dans 40 ans, nous serons plus de neuf milliards. Il faudra accroître la production alimentaire de 70 %. Depuis la fin du sommet de Rome mercredi, plus de 80 000 enfants sont morts de faim. Un bambin toutes les six secondes. Combien y en a-t-il eu depuis le début de cette chronique?

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