Rapide, inodore, silencieux, sans fumée, immatériel : l’internet a tous les attributs du rêve écologique post-industriel des liÂvres de science-fiction. Et pourtant, la Toile est un véritable ogre énergétique. Le confort high tech de nos bureaux cache la réalité moins reluisante des centrales électriques qui brûlent majoritairement des énergies fossiles pour produire les 180 milliards de kWh consommés par le réseau en 2007.
C’est environ 1 % de l’électricité mondiale, un chiffre qui peut paraître modeste… mais qui représente la conÂsommation de 70 millions de terriens, ou encore l’énergie utilisée et les gaz à effet de serre émis par le transport aérien mondial. L’évolution de cette consommation a quadruplé deÂpuis 2000 et augmenté de 50 % entre 2005 et 2007. À ce rythme, l’InÂfo-sÂphère engloutira en 2030 auÂtant d’électricité que l’humanité auÂjourd’hui! Principaux responsables, et de très loin, les centres de données : toujours plus nombreux, climatisés 24 h sur 24.
Stocker toujours plus
Ces bâtiments abritent de gros ordinateurs qui tournent en permanence et dont la conÂsommation électrique augmente de 15 % chaÂque année afin de stocker et acheminer toujours plus d’information (la quantité de données qui transite sur l’internet a été multipliée par 70 en 10 ans.)
Traité par cette énorme infrastructure informatique, le téléchargement d’un journal consomme autant d’électricité qu’une lessive, et un personnage du jeu de réalité virtuelle en ligne Second Life, autant qu’un citoyen brésilien, soit presque autant que la moÂyenne des humains. À quand le téÂléchargement et le courriel écoresponsables?