Châtaigne, torgnole, taloche, baffe, tarte, beigne… Peu importe comment les parents l’appellent, la fessée aux enfants doit être bannie. C’est le cri du cÅ“ur lancé par la députée Edwige Antier à toutes les familles françaises. Au pays des droits de l’Homme, il est grand temps de légiférer contre les châtiments corporels aux tout-petits. À l’approche de Noël, le débat bat son plein en France…
Pas moins de 80 % des parents français lèveraient la main sur leurs enfants. Cela va de la petite tape à la bastonnade en règle. En Suède, où la fessée est hors la loi depuis 30 ans, les «mauvais» parents peuvent se retrouver devant les tribunaux. Dix-huit des 27 États de l’Union européenne ont déjà interdit la fessée, dont l’Italie, l’Espagne et la Roumanie. Une telle loi aurait cependant du mal à passer en France. Plus de la moitié des parents y sont opposés. La correction physique a encore des vertus pédagogiques. Comment expliquer à un bambin de ne plus jouer avec des allumettes quand tous les doux avertissements ont été lancés?
La fessée a toujours divisé la France, un pays où les lois sont aussi nombreuses et variées que les fromages. C’est périodiquement la question sociétale de l’heure et, chaque fois, comme c’est le cas en ce moment, la presse people et les médias dits sérieux en font leurs choux gras. Les «tortionnaires» de parents iront-ils au violon? Non, insiste Edwige Antier, une pédiatre, la future loi ne sera pas inscrite dans le Code pénal, comme c’est le cas en Allemagne. Il s’agit tout simplement de rappeler que la «bonne» fessée est une vue de l’esprit. Les enfants qui n’en ont jamais reçu sont plus à l’écoute des adultes et de leur autorité, rappelle-t-elle encore. Rien n’y fait, cependant. Malgré toutes ses assurances, la députée de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire, majorité), est la risée des médias. Sauf exceptions, la république n’a pas à se mêler de la vie privée de ses citoyens. Mais de quoi elle se mêle!
D’autant que le gouvernement a d’autres chats à fouetter, par exemple la violence faite aux femmes. Toutes les 48 heures, une Française meurt sous les coups de son conjoint. Même le parti d’Edwige Antier ne la soutient pas. Elle se sent seule au monde. Tant pis. Pour le principe, elle va de l’avant avec son projet de loi. Si par miracle il devait être adopté, le texte serait lu aux futurs mariés. Petit problème : plus de 30 % des naissances surviennent dans les couples dits libres. Pour l’heure, c’est la main de Thierry Henry qui fait encore et toujours la manchette, une dizaine de jours après la victoire controversée des Bleus contre l’Irlande pour la grande qualification au Mondial en Afrique du Sud. Au pays des lettres, la force des mots ne suffit visiblement pas…