Vendredi matin, j’ai vraiment failli m’étouffer en buvant mon café lorsque j’ai entendu aux nouvelles que c’était la Journée annuelle sans achat! Ben, voyons donc! Sur quelle planète vivons-nous? Est-ce moi qui ne suis pas normale et qui ne comprends pas?
Nous sommes à quelques semaines de Noël, nous venons à peine de sortir de la récession, nous sommes bombardés de mauvaises nouvelles de toutes sortes (coupures d’emplois, fermetures d’usines, déménagements de sièges sociaux), tout est plus difficile. Nous devons redoubler d’ardeur pour sauvegarder nos acquis.
Et voilà qu’un groupe d’individus se lève un matin et décide qu’aujourd’hui, pour être IN, il ne faut absolument rien acheter! À bas les dépenses inutiles, combattons la surconsommation, restons à la maison et évitons à tout prix d’alimenter notre système économique. Quelle idée brillante!
Je suis commerçante, je viens tout juste d’investir la totalité de mes économies dans le démarrage d’une petite entreprise qui, je l’espère, prendra des proportions importantes et me permettra ainsi de créer plusieurs emplois et de payer des sommes considérables en impôts.
Comme je suis au front, que je risque beaucoup, tout en ayant quelques familles dépendantes de moi et de mon entreprise, j’ai besoin de toutes les ventes! Chaque achat fait par un client me permet de survivre. La période de Noël qui vient en est une charnière pour mon entreprise et pour une multitude d’entreprises au Québec.
Alors, à vous qui osez appuyer une telle démarÂche, qui osez promouvoir une journée aussi insignifiante, je dis : retombez sur Terre, sortez de votre petit monde, cessez de vous regarder le nombril! Analysez plutôt les dégâts qu’une telle journée peut causer à notre économie!
Heureusement que la plupart des consommateurs seront plus intelligents et feront fi de cette incitation à promouvoir, à mon avis, le déclin de l’économie.
Une société saine est une société qui consomÂme. Alors, incitons plutôt les consommateurs à se servir de leur gros bon sens lorsque vient le temps d’acheter. Simple logique à appliquer!
Francine Laplante