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KHL: Une bonne option, mais pas à tout prix

Notre journaliste est présentement à Moscou.

Faire le saut dans la Ligue continentale russe (KHL) peut s’avérer très bénéfique pour les hockeyeurs nord-américains, mais les joueurs qui prennent cette voie doivent être conscients des sacrifices qu’implique leur décision. «Ils doivent tout d’abord se demander s’ils sont prêts à abandonner leur rêve de jouer dans la Ligue nationale, lance Éric Landry, qui joue en Russie depuis 2007 et dans la KHL depuis 2008. S’ils viennent jouer ici, il y a très peu de chance qu’ils reviennent, ou qu’ils accèdent à la LNH.»

Le Québécois de 35 ans, qui a joué quelques matchs avec le Canadien au début des années 2000, en avait quant à lui assez de faire la navette entre la Ligue américaine et la Ligue nationale. Il a finalement trouvé la stabilité en Russie. Il joue maintenant pour l’Atlant de Mytischi, après avoir évolué pendant deux saisons avec le Dynamo de Moscou.

«Si le joueur est encore jeune et désire toujours jouer dans la Ligue nationale, je lui conseillerais de rester dans la Ligue américaine, avance pour sa part Raymond Giroux, défenseur du Ska de Saint-Pétersbourg. À 33 ans, je devais prendre une décision pour ma famille, et l’argent est ici.» Le natif de North Bay, en Ontario, a roulé sa bosse dans la LNH pendant quelques saisons avant de traverser l’océan pour se joindre au Ak-Bars de Kazan, puis au Ska de Saint-Pétersbourg.

La KHL désire avoir dans ses rangs de bons joueurs étrangers, mais l’intégration en Russie peut être assez difficile pour ceux qui tentent l’aventure. «La première année a été la plus difficile, surtout à cause de la barrière de la langue, indique Landry, qui parle maintenant suffisamment russe pour se débrouiller. En plus, quand je suis arrivé, mon entraîneur parlait russe, donc c’était vraiment compliqué. Ça m’a pris un bon trois ou quatre mois avant de m’intégrer.

Le choix de la ville d’accueil est de première importance, selon Landry. «Si tu choisis Moscou, par exemple, c’est comme si tu étais à Montréal. Mais si tu vas jouer dans des villes éloignées, tu te retrouves isolé.»

Ces satanés Canadiens
Les deux compatriotes s’entendent sur une chose : l’arbitrage est différent pour les joueurs locaux et les joueurs étrangers, surtout nord-américains. Qu’on se comprenne bien : il ne s’agit pas de racisme. La KHL, selon Giroux et Landry, punit plus sévèrement le jeu robuste pour s’assurer que le style de jeu américain ne s’impose pas en Russie.

«Quand un joueur étranger applique une grosse mise en échec, ce n’est pas long que l’arbitre fait entendre son sifflet, affirme Landry. Ils ne veulent pas que ce type de jeu s’impose dans la ligue.» Giroux va à peu près dans la même direction en indiquant qu’on peut avoir «l’impression qu’il y a deux arbitres, selon que le joueur fautif est étranger ou non.»

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