TOKYO (AP) — Dans la foulée du fort séisme qui a ébranlé le Chili
samedi matin, les pays des rivages du Pacifique, en Asie et en Océanie,
étaient en alerte, se préparant à devoir faire face à un éventuel
tsunami dans les 24 heures ayant suivi le tremblement de terre.
Attendant des précisions, la plupart des pays n’avaient pas ordonné
d’évacuations sur le littoral dans l’immédiat, mais s’étaient
néamnmoins placés en état d’alerte.
Si l’on ne s’attendait pas à un tsunami aussi dévastateur que celui que
généra le séisme de magnitude 9,5 qui frappa le Chili en mai 1960, le
Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, basé à Hawaï, informait de
la possibilité d’une vague géante dans le Pacifique-Nord, émettant une
alerte orange sur la côte ouest des Etats-Unis, de la Californie à
l’Alaska.
« La lecture des niveaux de la mer confirment qu’un tsunami a été généré
susceptible de créer des dégâts étendus », expliquait le Centre dans un
premier bulletin après la secousse de 8,8 qui a frappé le Chili.
A Hawaï, l’alerte était en revanche maximale, et on attendait les
premières vagues dans l’après-midi (21h19 GMT). Aux Samoa américaines,
ordre a été donné d’évacuer les villages de la côte vers les hauteurs,
tandis qu’aux Fidji, on s’attendait à des vagues susceptibles
d’atteindre 2,3 mètres sur le nord et l’est de l’archipel, ainsi qu’aux
Tonga voisines.
En Australie également, l’alerte au tsunami était déclenchée, mais l’on
n’y attendait pas la vague éventuelle avant dimanche matin heure locale.
Plusieurs nations du Pacifique dans la zone d’alerte ont déjà été
lourdement frappées par un tsunami l’année dernière: le 29 septembre,
déclenché par un séisme de magnitude 8,3 fit 34 morts aux Samoa
américaines, 183 aux Samoa et neuf aux Tonga. La vague a été mesurée à
14 mètres.
Le tsunami qui fit suite au terrible séisme chilien du 22 mai 1960, le
plus important tremblement de terre jamais enregistré, avait fait plus
de 1.700 morts au Chili, 140 morts au Japon, 61 à Hawaï et 32 aux
Philippines. La vague géante faisait entre un et quatre mètres de
hauteur, selon l’agence météorologique japonaise.
D’après la chaîne publique nipponne NHK, qui citait des sismologues, la
vague attendue cette fois-ci ne devrait pas dépasser quelques dizaines
de centimètres, et devrait arriver sur le Japon vers 4h30 GMT dimanche.
Mais le sismologue Fumihiko Imamura, de l’université Tohoku, exhortait
la population à prendre la menace au sérieux: « il existe la possibilité
qu’il atteigne le Japon sans avoir perdu de sa force ».