L’hôtel IntercontiÂnental de Lusaka, en Zambie, offre de bons repas, un service de nettoyeur, et on y retrouve même un salon de beauté. Pourtant, à l’extérieur, des milliers de résidants de la ville sont malades, victimes d’une des plus importantes vagues de choléra à s’être déclarées ces dernières années.
«Les conditions dans les quartiers pauvres de la ville sont effroyables, indique Like Arend, le coordonnateur de Médecins sans frontières en Zambie. Il n’y a pas d’eau, pas d’installations sanitaires. Les habitants ont conçu leur propre toilette : un sac de plastique dans lequel ils font leurs besoins et qui est jeté dans l’eau par la suite.» Le tout devient un terreau fertile pour l’éclosion du choléra. Depuis que la dernière vague a frappé, le mois dernier, quelque 3 500 résidants de Lusaka ont été touchés et 100 sont morts.
De plus en plus d’urbains
C’est la réalité qu’amène la forte croissance urbaine dans le monde. En 1950, 29 % de la population mondiale vivait en ville. AujourÂd’hui, ce chiffre est de 51 % et il devrait atteindre 70 % en 2050, selon les Nations unies. «Vivre en ville n’est pas dangereux en soi, souligne le professeur Elliott Sclar du Centre de développement urbain de l’Université Columbia. Mais à mesure que le monde s’urbanise, les maladies se répandent. Et pas seulement dans les pays en développement. La forte migration des personnes sur la planète induit aussi une migration des microbes.»
Une Journée mondiale de la santé
Les problèmes de santé liés à l’urbanisation sont le thème de la Journée mondiale de la santé, qui aura lieu le 7 avril et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soulignera dans 1 000 villes. Les habitants des villes ont beau avoir accès à de meilleurs soins de santé, ils sont plus sujets à attraper des maladies et s’alimentent moins bien. L’OMS signale également que les enfants des villes – dans les pays développés et en développement – ont plus de problèmes de comportement que les enfants des milieux ruraux.
Selon le professeur Sclar, fournir de l’eau potable et des installations sanitaires à tous les urbains de la planète «coûterait moins que 1,5 guerre en Irak»!