Le gouvernement tente de nous vendre le concept de laïcité ouverte qui permettrait à chacun d’afficher fièrement son appartenance religieuse, du moment qu’on fait bien sa job et que l’on ne soit pas une femme musulmane «intégristement» voilée.
Mais si, au nom de la «neutralité» de l’État, il est interdit pour un agent de cet État d’exercer sa liberté d’opinion ou de conscience en arborant, par exemple, un macaron à l’effigie d’un parti politique ou un t-shirt imprimé avec un message contre la chasse aux phoques, pour le droit à l’euthanasie, contre la peine de mort, pour la légalisation de la prostitution, et je ne sais quoi d’autre, pourquoi donc l’expression de la liberté de religion par le port de signes religieux ostensibles jouit-elle d’une protection supérieure, d’un statut particulier, par rapport aux autres libertés fondamentales? Pourquoi ne serait-elle pas vue, elle aussi, comme contraire à cette même «neutralité» de l’État?
J’éprouve définitivement un malaise à voir ainsi affirmer la suprématie du religieux et de son affirmation «visuelle» sur tout autre cause honorable ou sur la nécessaire neutralité que devrait afficher tout «agent» de l’État qui incarne son «autorité».
– Nicolas Dupé