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David gifle Goliath

Le grand Goliath n’a jamais impressionné le petit David. Les États-Unis ont beau hausser le ton contre les colonisations juives en territoires palestiniens, Israël fait la sourde oreille, conscient d’être à l’abri des flèches décochées par son fidèle allié. David s’est même permis de gifler Goliath.

Cela s’est passé le 9 mars. Lors de la visite du vice-président Joe Biden à Jérusalem, Israël annonçait que 1 600 logements seront construits dans la partie est de la ville, annexée après la guerre des Six Jours, en 1967. Hillary Clinton, une très proche amie de l’État hébreu comme Biden, a tapé du poing sur la table.

Depuis, les relations entre les deux pays vont de mal en pis. Pour le plus grand bonheur des Palestiniens, qui languissent de voir Washington mettre encore plus de pression sur Benyamin Netanyahou afin de relancer les négociations de paix et geler les colonies juives. «C’est vraiment une vraie crise», affirme Avi Issacharoff, de Haaretz (quotidien israélien de centre-gauche). «Je ne pense pas que nous ayons eu d’aussi mauvaises relations. Notre premier ministre n’est pas réaliste, ou peut-être trop collé aux réalités du terrain politique israélien.

C’est un leader de droite, il ne faut pas l’oublier. Il ne croit pas à la paix avec les Palestiniens, pour lui, la Cisjordanie est israélienne, tout comme Jérusalem-Est.» (échange de courriel). Si, par miracle, Netan-yahou finissait par dire oui au moindre gel de colonies, sa majorité de droite le lâcherait et son gouvernement de coalition tomberait aussitôt.

Sans doute préfère-t-il survivre politiquement en se disant que les sautes d’humeur de Washington ne changent jamais rien sur le terrain. Trois cent mille Israéliens ne vivent-ils pas en Cisjordanie et 200 000 autres dans les anciens quartiers arabes de Jérusalem?

Bien sûr, l’American Israel Public Affairs Committee, le plus puissant lobby pro-israélien, a souvent dénoncé la colonisation, mais les critiques, d’où qu’elles viennent, n’ont jamais fait fléchir Netanyahou. «Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale», a-t-il encore rappelé à l’AIPAC la semaine dernière, avant de rencontrer, loin des feux médiatiques, Barack Obama, qu’on dit fâché. Mais que peuvent faire les États-Unis? David a toujours gagné contre Goliath.

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