Lorsque j’ai entendu parler du décret de la ministre de l’Éducation, ouvrant la porte à l’enseignement en fin de semaine, j’ai été sidéré. Mon garçon, qui fréquente l’école publique au secondaire, termine chaque jour ses cours à 14 h 45! Il me semble qu’il reste amplement de temps les jours de semaine si on veut augmenter le contenu pédagogique et allonger les heures de cours, sans empiéter sur les fins de semaine…
On comprend de plus en plus que ce décret absurde ne visait qu’à «accommoder» une poignée d’écoles privées confessionnelles qui réclamaient de pouvoir enseigner le dimanche.
De façon générale, je suis un partisan déclaré des accommodements, lorsqu’ils sont raisonnables. Je crois qu’il s’agit là d’une formule intelligente et originale, qui s’inscrit très bien dans la tradition de tolérance et d’ouverture du Québec. De plus, cette approche nous démarque favorablement d’autres sociétés frileuses et fermées à l’égard des différences culturelles.
Par contre, dans le cas de ce décret, il est faux de parler d’un accommodement, même déraisonnable. Un accommodement, par définition, vise un cas particulier et limité. La ministre, dans un raisonnement plus pervers que brillant, a plutôt procédé à l’envers et choisi de changer les règles et de déranger tout le monde pour rendre service à un petit groupe. Il s’agit bien ici d’un dérangement de la majorité, particulièrement déraisonnable et détestable.
– Christian Feuillette