lang="fr-FR" > Un défi d'avenir

Un défi d'avenir

Monique Jérôme-Forget - Métro

Un leadership au féminin accru est porteur d’avenir pour le Québec. Pourquoi s’intéresser à ce sujet encore aujourd’hui? Les filles ne sont-elles pas des premières de classe? Nos facultés de médecine, de science ne sont-elles pas peuplées majoritairement par des filles?

Vrai. Et pourtant, la gestion de nos entreprises est essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, du domaine des hommes encore aujourd’hui. Il faut s’intéresser à la question, car il s’agit d’un défi économique, financier et de compétitivité pour le Québec.

Les Nations unies, la Banque mondiale, Goldman Sachs, Ernst & Young, McKinsey et Catalyst voient tous dans le portrait actuel de la situation, au niveau tant des conseils d’administration que de la très haute direction, un problè­me important de représentation des femmes et de diversité.

Selon le Bureau de la statistique américain (2007), il y a plus de femmes que d’hommes qui détiennent un bac ou une maîtrise, et cela depuis 1982. Pourtant, selon les données des 500 entreprises de FORTUNE, seulement 6 % des femmes occupent des postes de cadre et moins de 2 % sont chefs d’entreprise (CEO). Au Québec, seulement 11 % des conseils d’administration comptent plus de trois femmes, 15 % n’en ont aucune, et 41 % en ont une seule. Une étude du Conference Board of Canada basée sur 141 conseils d’administration des plus grandes entreprises nous dit que celles qui ont trois femmes ou plus dans leur conseil avaient un guide rigoureux pour prévenir les conflits d’intérêts de même qu’un code d’éthique.

Goldman Sachs, dans une de ses analyses d’avril 2007 (papier 157), indique que le PIB des États-Unis augmenterait de 9 %, celui de la zone européenne de 13 % et celui du Japon de 16 % si on incluait davantage de femmes dans l’économie et, surtout, si on les incluait davantage au niveau de la direction.

Où est donc le problème? Parce que les femmes ont et font les enfants, parce qu’elles prennent un temps d’arrêt pour s’occuper d’eux, l’environnement leur permet peu de réintégrer des fonctions de haute direction, et elles se voient souvent privées de promotions et d’avancement. Pourtant, les gens vont devoir travailler jusqu’à l’âge d’au moins 70 ans, car l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. Beaucoup de femmes souhaitent réintégrer le marché du travail après quelques années d’absence, mais leur CV reste lettre morte la plupart du temps. C’est là une perte énorme.

Or, comme l’avenir du Québec repose sur le savoir, le talent et l’innovation, je pense que les McKinsey de ce monde ont raison de soulever le problème et d’en parler.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version