Les personnes souffrant de problèmes cardiaques chroniques pourraient, d’ici quelques années, ne plus avoir à subir une transplantation grâce à une étude menée par le Centre de recherche du CHUM et l’Hôpital Maisonnneuve-Rosemont (HMR).
Lancée en décembre, cette étude, la première du genre au Canada, concerne un nouveau traitement basé sur l’injection de cellules souches dans le cÅ“ur des personnes atteintes de maladies coronariennes.Les cellules, puisées dans la moelle osseuse des patients, permettraient une régénération des parties du cÅ“ur qui sont mortes à la suite d’un infarctus.
«Nous nous adressons aux personnes dont le cÅ“ur est très malade, a expliqué le Dr Nicolas Noiseux, chirurgien cardiaque au CHUM et investigateur principal de l’étude. En ce moment, il n’y a aucune façon de régénérer les zones mortes du cÅ“ur, mise à part la transplantation cardiaque. Nous voulons vérifier si ce nouveau traitement peut permettre aux patients d’éviter de se rendre jusque-là.»
Un premier patient, Jean-Paul Tremblay, a reçu en décembre une injection de cellules souches au cours d’une opération à cÅ“ur ouvert. Pour le moment, l’homme de 59 ans se porte «très bien». Ses médecins ont d’ailleurs jugé que son cÅ“ur fonctionne beaucoup mieux qu’avant.
Deux ans d’étude
Les chercheurs du CHUM et de l’HMR estiment que la première phase de leur étude devrait durer environ deux ans. Une vingtaine de patients devraient tester le nouveau traitement à Montréal. Vingt autres patients subiront les mêmes tests à Toronto. «Nous espérons trouver un traitement efficace, simple et peu coûteux, a indiqué le Dr Noiseux. Les infarctus sont une des principales causes de décès au pays. Ça coûte cher à la société et à l’hôpital.»
Au terme de cette première phase, de nouveaux tests, sur un échantillon plus important de patients, seront réalisés. «Avant de lancer le traitement à grande échelle, nous de-vons nous assurer de son efficacité, de son innocuité et de sa sécurité», a précisé Nicolas Noiseux.