Le Parti québécois et la Société Saint-Jean-Baptiste voudraient nous faire croire que le français est assiégé et que la seule solution est d’interdire aux francophones et aux allophones de fréquenter des écoles anglophones.
Il me semble que cette solution, peut-être populaire dans certains milieux, va à l’encontre des intérêts du français à long terme.
En effet, une telle solution créerait une disparité flagrante entre anglophones et francophones : les premiers pourraient assurer à leurs enfants un bilinguisme parfait en les inscrivant dans des institutions francophones, tout en parlant anglais à la maison.
Les francophones n’auraient pas cette possibilité. Le résultat serait une meilleure adaptation des enfants des anglophones au marché du travail, leur assurant ainsi une meilleure carrière et perpétuant ainsi le fait accompli des anglophones aux manettes de l’économie et du pouvoir.
Je suis francophone et je voudrais que mes enfants aient la possibilité d’être parfaitement bilingues. SaÂchant que nous ne parlons que le français à la maison, cela passe nécessairement par un apprentissage intensif de l’anglais à l’école.
Je suggère donc à ceux qui veulent vraiment sauver le français en Amérique du Nord une solution qui me paraît à la fois respectueuse des libertés de chacun et de nature à aider les enfants francophones à mieux s’intégrer dans la société plus tard : augmentons fortement le contenu en français dans le programme des écoles anglophones, et celui en anglais dans les écoles francophones.
Certaines écoles supposément anglophones ont déjà adopté cette solution (jusqu’à offrir un enseignement en français plus de 50 % du temps au primaire, et ça marche!). Si la quasi-parité du contenu anglais/français est atteinte, la question de la Loi 104 ne se posera plus, et tous les enfants auront les mêmes chances dans la vie.
– Maximilien Quant, Montréal