Ils sont quatre et l’Union européenne (UE) les a surnommés PIGS, acronyme signifiant «cochons» en anglais. La Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’EsÂpagne sont égorgés par leurs dettes. Le premier à aller à l’abattoir a connu un glorieux passé. Il est aujourd’hui le mouton noir du Vieux Continent.
Avec une dette représentant 125 % de son PIB (près de 95% pour le Québec), la Grèce a ravalé son honneur politique et lancé un cri de détresse économique vendredi au Fonds monétaire international. Insulte suprême, puisque le FMI vient surtout en aide aux pays du tiers-monde.
Athènes recevra 60 G$. Certes, pas seulement du Fonds. L’UE ouvrira également les cordons de sa bourse, mais les 21 G$ du FMI montrent clairement l’impuissance de la zone euro à gérer seule la crise qui couvait depuis des mois. Désormais, l’organisation largement dominée par les États-Unis aura son mot à dire dans la vie économique d’un membre de l’Union. C’est un véritable camouflet politique.
La tragédie grecque a son point d’ancrage dans l’État. Celui-ci contrôle des pans entiers de l’activité économique. Inadmissible à l’heure des économies mondialisées misant sur l’hyper compétitivité. Bureaucratie excessive, corruption endémique, clientélisme politique outrancier, ce n’était qu’une question de temps pour que tout éclate, tel Eyjafjöll le volcan islandais, qui, avec son nuage de cendres a bloqué le ciel européen pendant une semaine.
Que personne n’ait jamais vu très clair dans les comptes publics de la république hellénique n’est pas surprenant. Ses mensonges répétés sur l’état de ses finances en ont toujours fait un mauvais élève européen. À présent, pour sortir le pays de la banqueroute et restructurer sa dette de 400 G$, jugée l’une des plus risquées au monde, le gouvernement du socialiste Georges Papandreou va devoir serrer la ceinture de plusieurs crans aux 11 millions de Grecs.
Mais ils ne se laisseront pas faire et descendront dans la rue pour crier leur colère contre les plans d’austérité à venir. Le FMI ne prête jamais sans exiger des coupes profondes dans les programmes sociaux. L’été sera donc chaud en Grèce. L’automne le sera peut-être aussi au Portugal, en Irlande et en Espagne, les trois autres «petits cochons» de l’Union.
La zone euro vit actuellement sa première grande crise économique et financière depuis sa création, il y a 11 ans. La Grèce pourrait même en être chassée pour assurer la survie d’une union monétaire qui ne veut surtout pas être un château de cartes cachant des jokers.