Il y a 25 ans aujourd’hui que Mikhail Gorbachev introduisait le concept de perestroïka en Union soviétique. L’ancien président soviétique et secrétaire général du parti communiste de 79 ans fait le bilan de sa restructuration économique, qui a mené à la chute du communisme et au démantèlement de l’empire soviétique.
Pourquoi vous êtes-vous retourné contre le système soviétique et avez-vous entrepris la perestroïka?
Nous ne pouvions plus tolérer l’attitude dédaigneuse des instances officielles envers le peuple. Le peuple a vécu plus d’un demi-siècle sous un contrôle total. Un pays avec des ressources naturelles abondantes, de vastes plaines fertiles et de fortes industries ne pouvait subvenir aux besoins essentiels de sa population. Nous devions faire la file pendant des heures pour acheter du dentifrice. Tout cela résultait du contrôle total qui était exercé. Tout était décidé par un grand chef.
Pourquoi n’avez-vous pu accomplir tout ce que promettait la perestroïka?
À cause de la bureaucratie au sein du parti. Le parti communiste, qui avait initialement appuyé la perestroïka, l’a finalement entraînée vers le bas. De plus, nous avons fait plusieurs erreurs. Nous avons accordé une augmentation salariale aux professeurs et au personnel médical, et avons augmenté les prestations de retraite. Nous aurions dû attendre quelque temps pour mener à bien ces projets sociaux, puisque le prix du baril de pétrole a chuté. Je pense que nous n’avions pas assez d’expérience Personne dans ce monde ne savait comment passer d’un système communiste à un système capitaliste.
Plusieurs personnes pensent que vous êtes à blâmer pour les temps durs qu’a vécus le pays. Comment réagissez-vous à cette affirmation?
J’ai aussi eu des temps difficiles. Cependant, je suis absolument certain que l’on ne peut diriger
un pays et survive que si on est persistant. J’étais assez fort.
Qu’a-t-il vraiment été accompli pendant les années de la perestroïka?
Premièrement, le peuple est devenu libre. Je ne pourrais dire que la Russie vit aujourd’hui dans un pays démocratique – nous sommes seulement à mi-chemin –, mais l’économie de marché se développe. Il n’y a plus de Guerre froide. Nous nous sommes débarrassés de la majeure partie de nos armes nucléaires. L’Europe centrale et de l’est ont obtenu leur indépendance. Je pense que nous avons accompli beaucoup.
Que ressentez-vous lorsque vous entendez le mot perestroïka?
Seulement des émotions positives. Je suis fier d’avoir initié cette réforme.
Questions en rafale
- Son plus grand défaut :
«Parfois, je sens que ma confiance en moi se transforme en arrogance.» - Il ne peut commencer sa journée sans… :
«Sans nouvelles. Je commence par écouter la radio, puis je regarde les nouvelles à la télé. Ensuite, je vais faire un tour sur le web.» - Son hobby :
«Dormir! Il fut une époque où je marchais beaucoup; ma femme et moi marchions de 6 à 10 km quotidiennement. C’était la seule chose qui m’aidait à garder le cap. Sinon, il aurait été difficile d’assumer les fonctions de président.»