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Royaume-Uni: Vers un changement de cap

Elisabeth Braw et AP - Metro World News

Les élections générales d’aujourd’hui au Royaume-Uni s’annoncent historiques. Actuellement au pouvoir, le Parti travailliste est presque assuré de devoir céder sa place. Les sondages prévoient même que la formation pourrait être reléguée au troisième rang, une position embarrassante pour un parti qui gouverne depuis 13 ans. 

«Le chef travailliste et premier ministre, Gordon Brown, a beaucoup en commun avec Edward Heath, le premier ministre conservateur qui a perdu les élections de 1974, raconte Richard Vinen, professeur d’histoire de l’Europe moderne au King’s College de Londres. Il est fasciné par la politique, il aime le pouvoir, mais il est très mauvais lorsque vient le temps de gagner des élections.» Rappelons qu’il s’agira du premier scrutin de M. Brown en tant que chef travailliste, lui qui a succédé à Tony Blair il y a trois ans.

Les plus récents sondages montrent que les conservateurs obtiennent 33 % des intentions de vote. Les libéraux démocrates, dont le chef Nick Clegg a été la révélation de cette campagne, suivent avec 28 % d’appui. Seuls 28 % des répondants ont affirmé qu’ils voteront pour le
Parti travailliste.

«Les gens n’ont plus une allégeance politique aussi clair qu’il y a 20 ans, analyse Valentino Larcinese, un expert en matière de gouvernements à la London School of Economics. À gauche, les libéraux-démocrates viennent compliquer la donne. Ce parti de gauche est aujourd’hui considéré comme une solution de rechange viable.

Un vote pour les libéraux- démocrates n’est plus considéré comme perdu.» Résultat : le jeune et articulé Nick Clegg est maintenant considéré comme un dangereux rival du chef conservateur David Cameron. Toutefois, ce dernier et son parti, maintenant plus orientés vers la classe moyenne que par le passé, ont de bonnes chances de remporter le scrutin.

Les trois candidats:

Gordon Brown
Parti : travailliste
Âge : 59 ans

Après une campagne électorale marquée par les gaffes et les faux pas, Gordon Brown se trouve en bien mauvaise posture dans les son­dages : à la deuxième, voire à la troisième place dans les intentions de vote. Toutefois, cet Écossais brillant et taciturne n’a pas dit son dernier mot dans l’ultime combat qu’il mène pour maintenir le Parti travailliste au pouvoir après 13 ans. Il a succédé à Tony Blair il y a trois ans, après avoir mené le pays vers une période de croissance sans précédent en tant que ministre des
Fi­nances.

David Cameron
Parti : conservateur
Âge : 43 ans

Le milieu nanti auquel appartient David Cameron, ses manières distinguées et son parler chic pourraient bien le desservir, même s’il est en tête dans les sondages. Son épouse est une descen-dante éloignée du roi Charles II. Il détient des diplômes en philosophie, en économie et en politique. 

Nick Clegg
Parti : libéral-démocratique
Âge : 43 ans

Clegg est aussi distingué que Cameron, mais son accent, neutre, ne l’a pas singularisé. Fils d’un banquier, le chef de file des libéraux-démocrates parle cinq langues. Son ascension fulgurante s’est poursuivie au cours des débats télévisés, et il a su tirer profit de la colère des électeurs quant au scandale des notes de frais.

Mode de scrutin

Le mode électoral du Royaume-Uni est similaire à celui du Canada.


Les scénarios

1. Minoritaire conservateur : David Cameron essaie d’obtenir le soutien des libéraux-démocrates et de partis mineurs pour faire approuver un budget d’urgence destiné à réduire le déficit du pays.

2. Pacte Brown-Clegg : Pour rester au pouvoir, Gordon Brown conclut une coalition avec Nick Clegg. Ce dernier pourrait exiger la démission de Brown et demander un référendum sur un nouveau mode de scrutin.

3. Pacte Cameron-Clegg : Opposés sur plusieurs points, les deux chefs pourraient tout de même conclure un pacte à court terme pour s’attaquer au déficit.

4. Pacte conservateur :
Cameron, n’ayant besoin que de quelques sièges de plus, s’allie avec un parti mineur, comme le Parti unioniste démo­crate d’Irlande du Nord.

5. Nouvelles élections : Si les ententes échouent, de nouvelles élections pourraient être organisées rapidement.

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