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Dur de ne pas y croire un peu

Ryan Dixon, The Hockey News

La foi vient tout naturellement aux vrais partisans. Appuyer aveuglément son équipe est ce qui fait du sport de salon une activité tantôt gratifiante, tantôt décevante. Donc, il est normal qu’une horde de partisans du Canadien, à Montréal et un peu partout en Amérique du Nord, soient totalement convaincus que leur équipe peut réussir l’exploit d’éliminer les Penguins ce soir à Pittsburgh.

Éliminer les gagnants du trophée du président en première ronde et faire mordre la poussière aux champions en titre de la coupe Stanley après un autre match ultime, cela sonne comme une douce musique aux oreilles de plusieurs.

Que des milliers de fans installés devant leur télé ce soir s’attendent à voir leurs favoris l’emporter n’est pas si étonnant. Ce qui l’est peut-être un peu plus, c’est de voir des observateurs – qui doivent analyser la scène sportive avec objectivité – avoir de plus en plus de difficulté à rejeter le scénario dans lequel le Tricolore serait victorieux.

Si la partisanerie caractérise l’amateur moyen, l’analyste sportif, payé pour ses services, est caractérisé par une certaine dose de scepticisme qui doit l’empêcher d’être séduit par une équipe  loin d’être aussi bonne qu’elle le semble. Toutefois, beaucoup d’entre eux commencent à employer la célèbre phrase «on ne sait jamais» quand vient le temps de discuter du cas du Canadien de Montréal.

Tout cela simplement parce que chaque fois qu’une équipe semble sur le point d’assommer les Glorieux et de se sauver avec la victoire, les pugnaces Montréalais s’accrochent et égalisent les chances dans une série à laquelle ils ne devraient même pas participer. En moyenne, les équipes adverses lancent une dizaine de fois de plus que le Tricolore depuis le début des séries.

Le défenseur numéro un du CH n’a joué que cinq minutes pendant la deux­iè-me ronde des séries avant de se blesser, et sa paire de défenseurs par excellence en désavantage numérique a été amputée d’un de ses membres quand Hal Gill s’est blessé pendant la cinquième rencontre contre les Penguins.

Malgré tout, la voilà, cette improbable bande du Bleu-blanc-rouge qu’on peut définir par le jeu de son meilleur patineur, Mike Cammalleri.  Le numéro 13 a marqué deux gros buts pendant le sixième match de la série, aidant ainsi les siens à forcer la tenue d’un match ultime, qui est peut-être le duel le plus important disputé par cette équipe depuis 20 ans.

«On s’améliore, a lancé Cammalleri. On n’est pas une grande équipe, mais on fait tout ce qu’on peut pour devenir la meilleure équipe possible.» Et avouons-le, on est de plus en plus tentés de croire que ça pourrait suffire.

En chiffres
Avant de partir vers Pittsburgh, les joueurs du CH ont fait leurs valises pour trois matchs. Ce n’est pas exceptionnel : ils avaient fait de même avant le match numéro sept de la série contre les Capitals. C’est que la finale de l’Est pourrait se mettre en branle vendredi, advenant que les Bruins de Boston éliminent les Flyers de Philadelphie, mercredi.

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