Après avoir tenté pendant quatre ans d’avoir un enfant, Jennifer Loden et son mari ont opté pour la fécondation in vitro. Aujourd’hui, ils ont deux enfants… et cinq embryons non utilisés qui leur posent problème.
«Toutes les options m’ont traversé l’esprit, explique Mme Loden, une Américaine vivant à Hong Kong. J’ai pensé simplement me débarrasser des embryons. Parfois, je crois qu’on devrait les donner aux médecins pour la recherche. D’autres fois, je me dis que ces embryons sont là pour une raison et que mon mari et moi devrions avoir un autre enfant.»
Entre-temps, les Loden paient des frais mensuels pour que leurs embryons soient gardés dans une clinique. Ils ne sont pas les seuls dans cette situation : au total, 500 000 embryons dorment de la sorte… aux États-Unis seulement. «Les couples qui viennent nous voir souhaitent ardemment avoir un enfant, alors nous leur permettons de féconder cinq ou six embryons pour leur donner plus de chances, explique le docteur Klaus Wiemer, un obstétricien au Northwest Centre for Reproductive Sciences à Seattle.
Mais après deux grossesses réussies, par exemple, il peut rester des embryons non utilisés. Et souvent les couples ne savent pas du tout quoi en faire, poursuit le médecin. Résultat : nous avons un large inventaire.» Pendant la dernière décennie, le nombre de personnes ayant eu recours à la fécondation in vitro a doublé.
Les lois américaines obligent les médecins à conserver ces embryons pendant une période de cinq ans. Si les parents ne paient plus les frais de stockage et qu’il est impossible de communiquer avec eux après ce délai, les cliniques peuvent s’en débarrasser. Mais la plupart des médecins les conservent quand même, de peur que les parents ne reviennent et réclament leurs embryons. En Grande-Bretagne, les lois autorisent un stockage pour 55 ans! Le résultat est bien sûr similaire : les Å“ufs congelés s’accumulent, et personne ne sait quoi en faire.
Le phénomène pourrait représenter une bonne nouvelle pour les scientifiques qui désirent faire des recherches sur des cellules souches. L’an dernier, le président américain Barack Obama a levé l’interdit sur ce type de recherches. Mais pour bien des parents, il n’est pas question de donner un «enfant en devenir» à la science. Un sondage récent démontre que la moitié des Américains croient qu’il est mal de détruire les emÂbryons, bien que 41 % d’entre eux affirment que c’est une bonne idée de s’en servir pour la recherche sur les cellules souches.
Pas surprenant alors que la plupart des parents ne sachent pas comment utiliser les embryons restants. Nadia Suleman est devenue célèbre : ne sachant pas quoi faire d’autre, elle a décidé d’utiliser les huit embryons à sa disposition. Si bien qu’elle est maintenant l’heureuse maman de huit enfants!
Embryons 101
Un embryon est un Å“uf qui a été fécondé par un spermatozoïde. Après qu’il a passé huit semaines dans l’utérus, on peut parler de fÅ“tus.