C’est bien connu, nul n’est au-dessus des lois. Pas même un homme de confiance du président français Nicolas Sarkozy, de surcroît ministre de l’Intérieur, chargé donc de l’ordre public et de la lutte contre les discriminations. Brice Hortefeux aurait dû le savoir. Il vient d’être condamné à une amende de 750 euros (950 $) pour propos racistes. Ailleurs qu’en France, il aurait été forcé de démissionner.
Souvent donné comme successeur de l’actuel premier ministre François Fillon, Hortefeux a choisi de faire appel. Ses propos sont tout au plus malheureux, dit-il. Jugeons. En septembre, il rencontre un militant de son parti. Français d’origine algérienne, il «mange du cochon» et «boit de la bière». Le ministre lâche alors : «Il ne correspond pas au prototype.» Puis, il enÂfonÂce un gros clou visiblement à l’égard de la communauté arabe : «Quand il y en a un, ça va. C’est lorsÂqu’il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes!» Le tout est sur YouTube.
Des problèmes avec la rhétorique de bistrot, Hortefeux en a toute une ribambelle, à l’instar de Sarkozy. Il s’est souvent excusé, mais n’a jamais rien regretté. Dit-il tout haut ce que bon nombre de Français pensent tout bas? Au pays de «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», pour reprendre le titre d’un film de Jean Yanne, on vit davantage côte à côte qu’ensemble. Mais attention, le racisme quotidien n’est pas propre à la France, et Sarkozy a su s’entourer de plusieurs ministres d’origine maghrébine ou africaine.
Mais voilà, les actes racistes et xénophobes dans l’Hexagone augmentent année après année. La France compÂte plus de cinq millions d’immigrés. C’est trop, pensent près de 50 % des Français. Le plus grand pays d’Europe occidentale n’est certes pas l’Italie, où les immigrés se font tabasser en pleine rue ou carrément tirer dessus.
Plongées dans un examen de conscience face à leurs minorités dites visibles, toutes les sociétés occidentales sont actuellement tiraillées par un débat sur leur identité nationale. Les dérapages sont nombreux et suscitent un profond malaise. Il y a quelques mois, Brice Hortefeux avait mis à la retraite un préfet pour propos racistes. Y aurait-il deux poids deux mesures au pays des droits de l’Homme?