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Israël expulsera aujourd'hui tous les militants à bord de la flottille

JERUSALEM (AP) — L’ensemble de quelque 700 militants pro-palestiniens étrangers
interpellés lundi lors du raid contre la flottille pour Gaza seront
expulsés avant mercredi en fin de journée, a annoncé le conseiller
juridique du gouvernement d’Israël.

Yehuda Weinstein a précisé qu’Israël avait décidé de ne pas poursuivre
les militants. Des responsables israéliens avaient plus tôt dit
envisager des poursuites contre une cinquantaine de personnes. Mais M.
Weinstein estime dans sa décision que « les garder ici causerait plus de
dommages aux intérêts vitaux du pays que de bien ».

La Turquie a réclamé une enquête internationale et
menacé de revoir ses relations avec l’Etat hébreu si tous ses
ressortissants n’étaient pas relâchés avant la fin de la journée.

L’opération des soldats israéliens contre la flottille d’aide
humanitaire qui tentait de rompre le blocus de la Bande de Gaza a
suscité de vives condamnations internationales et fortement entamé en
particulier les relations d’Israël avec la Turquie. Au moins quatre des
neuf militants tués étaient de nationalité turque et le navire cible de
l’opération battait pavillon turc. L’Etat hébreu a ordonné aux familles
de ses diplomates en poste à Ankara de quitter le pays.

Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu a
précisé que 210 ressortissants turcs avaient été remis en liberté et
attendaient dans un aéroport israélien d’être rapatriés à bord d’avions
turcs dans la journée.

Environ 400 Turcs se trouvaient à bord du convoi de six navires à
destination de Gaza visé lundi par l’opération des commandos israéliens
alors qu’il naviguait dans les eaux internationales. Le chef de la
diplomatie turque a demandé une commission d’enquête internationale sur
les morts survenus dans l’opération.

Israël assure que ses soldats n’ont ouvert le feu qu’après avoir été
attaqués par les militants, affirmant que ces derniers se sont servis
de couteaux, de barres de fer, de matraques et de deux armes à feu
arrachées aux militaires. Les militants disent qu’ils tentaient
d’acheminer de l’aide pour la Bande de Gaza en rompant le blocus imposé
par Israël depuis la prise du pouvoir du mouvement islamiste du Hamas
dans le territoire palestinien en 2007.

Mercredi à la mi-journée, quelque 400 militants, pour la plupart des
ressortissants turcs, avaient été acheminés en car jusqu’à l’aéroport
international. Le porte-parole du département des prisons Yaron Zamir,
les militants turcs devaient embarquer à bord d’avions envoyés par
Ankara pour les chercher. La Grèce avait également un avion en attente
pour aller chercher ses ressortissants.

Avant l’aube, 124 autres militants issus d’une dizaine de pays
musulmans sans relations diplomatiques avec Israël avaient été expulsés
vers la Jordanie.

Une centaine de ressortissants étrangers demeuraient incarcérés dans
une prison du sud d’Israël à la mi-journée, selon Yaron Zamir.

Plusieurs des militants expulsés en Jordanie ont raconté à l’Associated
Press qu’ils avaient été privés de nourriture, d’eau, de sommeil et
d’accès à des toilettes lors de leur détention en Israël.

« Les Israéliens nous ont tous malmenés et humiliés, hommes, femmes et
enfants », a accusé le député koweïtien Walid al-Tabtabai, qui avait
embarqué à bord de l’un des navires de la flottille avec d’autres
militants venant de pays musulmans. « Ils étaient brutaux et arrogants,
mais nous avons fait passer aux quatre coins du monde le message que le
blocus de la Bande de Gaza est injuste et doit être levé
immédiatement », a-t-il ajouté. Il a affirmé par ailleurs que « pas une
seule arme n’était en possession des passagers à bord des navires ».

Dix Indonésiens figuraient parmi ces militants expulsés en Jordanie. Le
président indonésien Susilo Bambang a précisé que deux de ses
ressortissants grièvement blessés par balle lors de l’opération étaient
soignés dans un hôpital israélien.

Après l’opération des commandos israéliens, l’Egypte a assoupli de son
côté son propre bouclage de Gaza, ouvrant le point de passage de la
ville de Rafah, d’où environ 300 Palestiniens ont pu gagner l’Egypte.
Un petit nombre est entré dans le territoire palestinien, ainsi que de
l’aide humanitaire, comprenant des couvertures, des tentes et 13
générateurs électriques donnés par la Russie et le sultanat d’Oman. Le
gouvernement égyptien n’a pas dit combien de temps la frontière
resterait ouverte.

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