Barack Obama est arrivé au sommet du G8 les cheveux un peu plus gris qu’avant. Sa cote de popularité a fondu, il a limogé son général à la tête de l’armée américaine en Afghanistan, et son leadership est fragilisé par sa gestion de la marée noire dans le golfe du Mexique. Il n’y a pas si longtemps, ses fervents admirateurs le voyaient déjà sur le mont Rushmore auprès notamment d’Abraham Lincoln, son idole.
Avant d’être sculpté dans le granit du Dakota du Sud, le 44e président des États-Unis devra éviter de finir comme Lyndon B. Johnson qui, après un seul mandat, a jeté l’éponge à cause de la guerre du Vietnam. Obama, lui, en a deux sur les bras. L’Afghanistan, à peine mentionné dans le communiqué final du G8, ressemble de plus en plus à un fiasco, et l’Irak n’est même pas un demi-succès.
À l’instar du successeur de John F. Kennedy, l’actuel locataire de la Maison-Blanche cherche à changer socialement les États-Unis. Sa réforme de la santé, projet phare de sa présidence, c’est un peu la continuation des mesures prises par Johnson pour offrir l’assurance maladie aux personnes âgées (Medicare) et à faibles revenus (Medicaid).
Johnson aurait pu en faire plus, mais la guerre du Vietnam l’a consumé. Le parallèle entre ce conflit et celui de l’Afghanistan est de plus en plus évident, et les talibans démontrent la même capacité d’adaptation que le Viet-cong d’alors. Obama doit sûrement en tenir compte et, sans le dire, il sait que la guerre ne peut être gagnée, même s’il a augmenté le nombre de boys en sol afghan.
La question qui se pose désormais a été très bien résumée la semaine dernière par Tom Friedman, le commentateur-vedette du New York Times : le choix, c’est de perdre «petit» maintenant ou de perdre «gros» plus tard.
Barack Obama, qui doit aussi gérer une crise économique et financière majeure, est bel et bien pris dans le piège afghan, au nom de la guerre américaine contre le terrorisme. Contrairement à Johnson, en croisade contre le communisme international, il se représentera en 2012. En espérant ne pas finir comme Jimmy Carter, chassé de la Maison-Blanche après un seul mandat.