Après l’échec des négociations de la rue Notre-Dame et la bataille du prolongement de l’autoroute 25, la rumeur veut que la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec tentent actuellement une première collaboration constructive sur un projet d’infrastructure autoroutière avec la réfection du complexe Turcot. L’arrivée de la navette ferroviaire a certes de quoi les alimenter si nos deux entités gouvernementales ont réellement la volonté de développer un nouveau projet qui intègre les principes de mobilité durable, reflétant ainsi les nouÂvelles tendances des Montréalais en matière de déplacements.
Selon les chiffres dévoilés par Aéroports de Montréal, ce sont plus de 6 300 travailleurs et voyageurs par jour qui utiliseront la navette ferroviaire dès 2016 pour transiter du centre-ville à l’aéroport. Avec une contribution de 200 M$, le gouvernement du Québec participe de façon importante à l’élaboration du projet. D’autre part, selon les inforÂmations véhiculées dans les médias ces derniers mois, celui-ci envisagerait de réduire la capacité routière de près de 25 % sur l’axe est-ouest du complexe Turcot et de miser sur le transport collectif. Ce sont donc plus de 40 000 personnes supplémentaires qui pourraient transiter dans l’axe est-ouest de cet important carrefour tous les jours, sans prendre leur voiture! Avec ces nouvelles orientations, le gouvernement reconnaîtrait pour la première fois de son histoire qu’il est possible de répondre aux besoins croissants de mobilité des personnes et des marchandises plus efficacement qu’en augmentant le nombre de voitures.
Ces prévisions viennent corroborer les données les plus récentes de l’Enquête Origine-Destination 2008, dont les hausses d’achalandage des trains de banlieue, des autobus et du métro. Le constat est net : toutes les mesures de transport collectif qui ont été mises en place dans les dernières années sont un succès, dépassant systématiquement toutes les espérances. Le dernier exemple : la nouvelle ligne 747 express, qui, deux mois à peine après son entrée en fonction, transporte 2 000 travailleurs et voyageurs tous les jours entre l’aéroport et le centre-ville, soit deux fois plus que les prévisions initiales.
C’est sur ces nouvelles tendances et projets de mobilité durable que le gouvernement et la Ville doivent s’appuyer s’ils sont aujourd’hui réellement disposés à concevoir ensemble un projet tourné vers l’avenir.
– Coralie Deny, Directrice générale Conseil régional de l’environnement de Montréal