«La chanson française a peu d’avenir», dixit la programmatrice du Festival d’été de Québec!? La chanson continue plutôt à définir notre ADN collectif et à nous distinguer. Le fait demeure que la chanson s’avère, plus qu’une carte de visite, une clé qui ouvre des chemins aux Québécois de par le monde.
Le 8 juillet dernier dans le journal Le Devoir, Dominique Goulet affirmait pourtant que «les jeunes, peu importe le style musical, chantent en anglais».
La Société professionÂnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ), qui représente les auteurs et compoÂsiteurs francophones depuis maintenant 30 ans, pense autrement et considère que cette affirmation est réductrice et erronée.
Parlez-en à CÅ“ur de pirate, qui cartonne en France, à Andrea Lindsay, Jim Corcoran ou Zachary Richard, qui ont littéralement épousé la langue française. Est-ce que la langue de Molière a freiné l’essor – international – des Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Malajube, Les Cowboys Fringants ou K.Maro? Poser la question, c’est y répondre.
Certes, la situation du français est vulnérable et requiert quelques remparts. Quotidiennement, on sauvegarde sa présence dans les tours à bureaux de Montréal, dans nos écoles et nos commerces. L’industrie du disque et du spectacle n’échappe pas à cette réalité. Pour survivre, il lui faut un marché économiquement viable. Or, du fait qu’ils sont menacés, nos créateurs et notre industrie comptent parmi les plus dynamiques du monde.
De plus, les assoÂciations professionnelles comme la SPACQ veillent à ce que les conditions d’octroi de subventions priorisent la création et la production de contenu québécois et à ce que les politiques culturelles assurent une présence significative de contenu québécois sur les ondes et dans les programmations.
Les quotas de contenu francophone sur les ondes radiophoniques et la Coalition pour la diversité culturelle sont de probantes illustrations des efforts consacrés à préserver et à promouvoir notre patrimoine vivant.
En somme, le fait qu’un festival qui se présente comme une fenêtre sur le monde choisisse d’octroyer une large fenêtre de diffusion aux créateurs venus d’ailleurs est certainement légitime, ainsi qu’en témoigne l’engouement populaire. L’enjeu, au vu des opinions de Mme Goulet, n’est pas de savoir si la chanson a un avenir, mais de questionÂner l’avenir de la chanson française au Festival d’été de Québec sous sa gouverne.
– Mario Chenart, président de la SPACQ