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Quand la science aide l'art et la police

Les pigments entrant dans la composition de la peinture parlent. Ou plutôt, ils émettent des sons qui pourraient, à terme, aider la section des crimes visant les Å“uvres d’art des services de police. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Université McGill ont appliqué aux arts une technique appelée spectroscopie infrarouge photoacoustique. Ce procédé est dérivé d’une découverte datant des années 1880, époque où Alexander Graham Bell (à qui on doit le téléphone) avait montré que les solides émettent des sons lorsqu’ils sont exposés à la lumière du soleil et aux ultraviolets.

En appliquant cette découverte à la peinture, l’équipe du professeur Ian Butler est arrivée à déterminer la composition chimique de pigments datant de dizaines, voire de centaines d’années. «Connaître la composition chimique des pigments permet aux conservateurs et aux restaurateurs de musées de prévoir la réaction d’une peinture à la lumière du soleil et aux changements de température», explique le professeur Butler.

Mais son travail de recherche pourrait aussi s’appliquer aux sciences judiciaires. Depuis 2003, par exemple, la Sûreté du Québec a signé une entente avec le SPVM et a formé une équipe spécialisée dans les crimes liés aux Å“uvres d’art. Le travail de cette dernière vise notamment à identifier et à authentifier certaines Å“uvres soit volées, soit illégalement copiées.

Maintenant qu’on est capable d’identifier la signature sonore de 12 pigments auxquels les artistes avaient auparavant largement recours, M. Butler croit que le travail de recherche de son équipe pourrait servir à établir une technique normalisée qui serait ensuite utilisée par certains laboratoires de sciences judiciaires. Il indique d’ailleurs qu’il est à la recherche de partenaires intéressés.

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