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Soulagement dans les corridors de la mort aux États-Unis

Comment pen-dre sans corde, fusiller sans balle, décapiter sans hache, guillotine, épée ou cimeterre? Aux États-Unis, la question ne se pose pas. Les exécutions se font par injection létale, mais voilà, le cocktail mortel est en rupture de stock. Les condamnés à mort respirent. Pas tous cependant. Teresa Lewis est passée de vie à trépas la semaine dernière en Virginie.
Il faut dire que cet État exécute à tour de bras, dépassé de peu par le Texas.

À eux deux, le «couple infernal» réalise 45 % des exécutions aux États-Unis. Il y a donc les réserves nécessaires de thiopental (endort le condamné), de pancuronium (stoppe sa respiration) et de chlorure de potassium (arrête son cÅ“ur). Le tout prend près d’une heure, contre une petite minute pour la pendaison. Hospira est l’unique fabricant du premier barbiturique et, sans cette substance, point d’intraveineuse. La compagnie de l’Illinois, un des 35 États où la peine capitale est en vigueur, a promis de remettre le thiopental, connu aussi sous le nom de pentothal, sur le marché début 2011. En attendant, deux exécutions au Kentucky et une en Oklahoma ont été reportées cet été.

Ironie suprême : Hospira se dit contre la peine de mort et aimerait bien que les exécutions capitales se fassent sans avoir recours à son anesthésique destiné, dit-elle, aux hôpitaux. Soigner son image à grandes doses de communiqués est important. D’autant qu’il y a deux ans, un moratoire sur les injections létales avait été décrété à cause de l’agonie prolongée de quelques détenus.

L’administration des trois piqûres mortelles se fait sans médecin. Le personnel de la prison ne réussit pas toujours le dosage nécessaire à un départ sans douleur. C’est un peu comme se retrouver sur une chaise électrique ayant de nombreux ratés. Heureusement, il n’y a pas eu de complications pour Teresa Williams, 12e femme à être exécutée aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1977. Au-delà de toutes ces con­sidérations humanitai­res, ce sont les coûts économi­ques qui risquent de sauver la peau des 3 200 Américains actuellement dans les corridors de la mort.

Exé­cuter un criminel finit, en effet, par coûter plus cher que le garder à l’ombre jusqu’à la fin de ses jours. En ces temps de récession, le Nouveau-Mexique vient de voter un moratoire sur le châtiment suprême. Tout compte fait, n’est-il pas plus simple de supprimer une fois pour toutes la peine capitale aux États-Unis?

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