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Deux problèmes, une solution

Avec la rentrée scolaire, on a beaucoup parlé de décrochage. Montréal, c’est bien triste, produit plus de décrocheurs que de diplômés au secondaire, particulièrement chez les garçons (60 % des garçons décrochent dans le quartier Petite-Bourgogne, dans le Sud-Ouest). Montréal voit aussi des milliers de familles quitter chaque année la ville au profit de la banlieue. Deux problématiques qui font que Montréal se meurt.

Pendant ce temps, à quelques minutes à pied du centre-ville, du canal Lachine, du Vieux-Montréal, un quartier plein de potentiel renaît de ses cendres : Griffintown. Si l’on observe de près l’ensemble des projets immobiliers dans les environs, outre les Bassins du Nouveau Havre, on a lancé la serviette concernant la place des familles. On y trouve principa-lement des projets de condos et de lofts destinés aux jeunes professionnels et célibataires. «A-t-on pensé intégrer une école dans le projet pour attirer les familles?» ai-je demandé lors d’une assemblée d’informations sur l’un des projets en cours. On m’a répondu qu’il n’y avait pas de familles dans le secteur, ne justifiant pas ainsi la présence d’une école (sic).

Mais pour attirer les familles dans ce secteur, il est nécessaire d’y avoir une école de bonne réputation. Griffintown possède déjà une université de renom, l’École de technologie supérieure (ÉTS). Pourquoi ne pas envisager un projet d’école jumelée avec cette institution, une école primaire et secondaire axée sur les sciences et la techno-logie? Une école qui encouragerait les familles à demeurer dans le quartier et qui desservirait les jeunes du Sud-Ouest de Montréal. Une telle école permettrait de faire d’une pierre… plusieurs coups. Par son approche axée sur les sciences et la technologie, elle inspirerait sûrement les jeunes garçons dans leur apprentissage, elle permettrait également d’ouvrir plus tôt la porte des sciences aux filles et elle éviterait l’exode des familles qui sont à la recherche d’une bonne école pour leurs enfants. Bref, une alliance entre une école primaire, une école secondaire et une université, comme c’est le cas pour l’école FACE de la CSDM qui encourage la venue des jeunes de quartiers défavorisés. Seulement 11,1 % des jeunes de cette école à vocation artistique, qui se situe à l’ombre du campus de l’Université McGill décrochent du système scolaire. On a ainsi créé une école qui incite les jeunes à accéder à l’Université plutôt qu’à décrocher.

– Steeve Lemay, résidant de Griffintown, consultant en éducation et auteur de manuels scolaires

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