lang="fr-FR" > Le Tea Party n'est pas au goût du Vermont

Le Tea Party n'est pas au goût du Vermont

Raphaël Bouvier-Auclair - Métro

Vendredi 1er octobre, 20 h. Sur les planches d’une salle du centre de Burlington, des comédiens de la Vermont Public Radio se moquent des débats qui opposent les candidats au poste de gouverneur de l’État. Les rires retentissent dans la salle. Quelques heures plus tôt, le candidat démocrate et le républicain s’affrontaient dans une joute oratoire au centre de Congrès de la ville. Après un règne de huit ans, Jim Douglas, gouverneur républicain quitte son poste. C’est l’occasion pour les démocrates de reprendre le dessus, selon plusieurs. Mais l’élection sera serrée.

Après avoir remporté de bons résultats partout à travers le pays, le parti de Barack Obama doit affronter un mouvement d’antipathie. Le Tea Party, une coalition d’extrême droite, incarne ce mouvement. Il critique l’establishment de Washington et le contrôle des politiciens sur la vie des individus. Dans un restaurant de Rutland, dans le sud de l’État, le menu conserve un souvenir du passage de George W. Bush à la tête du pays.

On y sert des Freedom fries plutôt que des French fries. Depuis, le vent a tourné. Une nouvelle administration a pris le pouvoir, et elle ne plaît pas à Jon Wallace, porte-parole local du Tea Party. «Ce que nous dénonçons, ce sont essentiellement les taxes, puis le contrôle qu’exercent les politiciens», explique-t-il. S’il est amer envers les politiciens, c’est qu’ils servent leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la population, dit-il. «Il n’y a plus d’emplois à Rutland, on n’y a jamais vu autant de panneaux de vente devant les maisons, et on trouve le moyen de nous taxer encore», s’indigne-t-il.

Jon Wallace le précise, la cause pour laquelle il milite ne doit pas être associée aux mouvements extrémistes religieux qui font souvent mauvaise presse au Tea Party. «Nos revendications sont surtout économiques et politiques, martèle l’homme à tout faire. Nous voulons faire bouger les choses, montrer que le peuple doit être le véritable maître de son pays.»

Au Vermont, le Tea Party n’a pas la résonance qu’il peut avoir dans d’autres États comme le New Hampshire voisin, où l’inscription «Live Free or die» sur les plaques d’immatriculation veut tout dire. «Au niveau national, c’est autre chose, mais le Vermont est un État particulier, et je ne pense pas que le Tea Party ait beaucoup d’adeptes ici», explique Kate Duffy, directrice de campagne du candidat Brian Dubie. Jon Wallace le confirme, «si on le compare au Texas, le Vermont est un État vraiment difficile pour le Tea Party.»

«Au Vermont, nous sommes pour la liberté d’idées. Leurs positions [celles du Tea Party, NDLR] permettent d’alimenter le débat», analyse Dan Bolles, journaliste à l’hebdomadaire Seven Days, de Burlington. Règle générale, les habitants du Green Moutain State demeurent ouverts à entendre des idées d’extrême droite, même si ce n’est pas trop…leur tasse de thé. 

Articles récents du même sujet

Exit mobile version