D'autres solutions

En réaction à la lettre de Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, parue hier.

Je suis outré de voir une personnalité publique, qui bénéficie d’autant de pouvoirs et qui a à sa disposition de nombreuses tribunes, envahir ainsi un des rares endroits où de simples citoyens peuvent faire entendre leur voix. Il est vrai qu’un personnage aussi important que vous est aussi un citoyen, mais vous avez beaucoup d’autres moyens de vous faire entendre. Ce n’est pas comme si aucun journaliste ne se déplaçait si vous décidiez de faire une con-férence de presse. Ni même que vous ne pouvez pas vous faire entendre du premier ministre ou de ses ministres. Ce sont des occasions que nous n’avons pas à notre disposition.

En plus, vous énoncez des sophismes. Par exemple, «des impôts additionnels» laissent croire aux gens que les impôts ont régulièrement augmenté pour financer les services publics. Or, c’est faux! Vrai, les taxes (qui pigent surtout dans les poches de la classe moyenne et des moins nantis) augmentent régulièrement. Mais les impôts, principalement pour les très riches et les grosses corporations, ont régulièrement diminué depuis 30 ans. Statistique Canada a révélé il y a un an ou deux que le taux d’imposition effectif des 50 plus gros revenus personnels au Canada est passé de 4 % à 1 % en 30 ans.

Rien que les baisses d’impôts accordées sous l’administration de votre grand ami Jean Charest nous ont coûté 5,6 G$ pour la seule année 2009 (rappelons que votre budget Bachand, que vous avez applaudi avec enthousiasme, a imposé des coupures de services et des hausses de taxes et de tarifs pour compenser un déficit prévu de 5 G$). Bref, on pourrait éviter des «impôts additionnels» en annulant simplement une partie des baisses d’impôts déjà accordées.

Il y a d’autres sources de financement à notre disposition. Comme se faire payer les redevances non payées depuis 10 ans par les minières et les arriérés d’impôts impayés de nombreuses grosses entreprises. Si l’État subventionne autant la recherche, peut-être devrait-on en conserver les brevets. Simplement dans le domaine médical, on toucherait le pactole plutôt que de se saigner pour acheter les médicaments dont nous avons financé la recherche.

Pour terminer, il serait bon de bien présenter votre organisme. C’est devant vous que s’est présenté Henri-Paul Rousseau lorsqu’il a lâchement déserté la Caisse de dépôt et placement et qu’il tentait d’éviter de s’expliquer devant les élus en le faisant devant votre parterre… qui l’a applaudi chaleureusement.

C’est aussi votre organisme qui a invité George W. Bush l’an dernier pour l’applaudir avec enthousiasme (le mot est faible) à de nombreuses reprises lorsqu’il a justifié l’ensemble de ses politiques.

– Pierre Lagassé, Saint-Basile-le-Grand

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