Depuis le 28 septembre, j’ai suivi avec attention la controverse provoquée par la nouvelle méthode de calcul du taux de décrochage scolaire rendue publique par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).
Cette annonce a soulevé un vent de scepticisme auquel l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) n’adhère pas. Le nouveau calcul aura des incidences sur les statistiques, c’est certain. Mais on ne peut nier qu’il permettra d’obtenir, comme le souhaitent le MELS et les commissions scolaires, un portrait plus juste de la situation du décrochage scolaire au Québec.
Calculer les inscrits au 1er janvier permettait d’évaluer le nombre de jeunes adultes qui avaient quitté l’école durant la première moitié de l’année scolaire. Mais ce calcul ne tenait pas compte des jeunes qui raccrochaient par la suite, en s’inscrivant au secteur professionnel ou au secteur des adultes. Calculer les inscrits au 1er août comblera cette lacune et révélera l’importance stratégique des secteurs professionnel et des adultes dans le dossier du décrochage.
Ces secteurs sont plus que des «filets de sécurité». Ils sont l’alternative qui s’offre aux décrocheurs. Ils méritent d’être adéquaÂtement financés, surtout le secteur des adultes, qui peine à offrir des services complémentaires (orthopédagogie, psychologie, travail social, éducation spécialisée, etc.). Dois-je rappeler que ces services s’adressent avant tout aux élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, ceux qui sont le plus susceptibles de décrocher?
L’ICÉA souhaite que ce changement permette au MELS et aux commissions scolaires de mieux orienter leurs efforts en matière de persévérance scolaire.
Tous les adultes ont droit à un premier diplôme qualifiant. Il existe 1 001 façons de garantir nos chances de succès. Il suffit de mettre l’accent sur les possibilités d’apprendre tout au long de la vie. Ce que nous faisons assez bien, puisque le taux d’obtention d’un premier diplôme d’études secondaires est plus élevé au Québec (86 %) qu’en Ontario (74 %) ou que dans l’ensemble du Canada (77 %).
– Léa Cousineau, présidente, Institut de coopération pour l’éducation des adultes