lang="fr-FR" > Le remède de cheval de David Cameron

Le remède de cheval de David Cameron

Lors du second conflit mondial, le premier ministre britannique Winston Churchill avait lancé à ses compatriotes ceci : «Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur.» Le premier ministre actuel, David Cameron, n’a pas été aussi lyrique pour demander les sacrifices nécessaires au redressement de l’économie britannique. Il a tout simplement dit: «Votre pays a besoin de vous.» L’appel sera-t-il entendu?

En reprenant ce slogan martial de toutes les guerres, destiné à galvaniser, fouetter, mobiliser les «forces vives de la nation», Cameron espère faire accepter aux Britanniques son plan d’austérité tous azimuts, annoncé mercredi dernier. En quoi consiste-t-il? Si un demi-million d’emplois seront supprimés dans le secteur public  en quatre ans, ce sont surtout les coupes dans les dépenses sociales qui retiennent l’attention.

L’État-providence, créé en 1946, est pratiquement démantelé. Fini, par exemple, les allocations familiales. Cameron ne veut plus d’une «nation d’assistés». Il veut éviter la «faillite» du pays, «l’éloigner du précipice». Pour cela, il a fixé à 153 G$ la réduction des dépenses publiques d’ici 2015. Pour l’instant, la majorité des Britanniques est d’accord avec ce «blitz budgétaire», le plus violent depuis l’époque de Margaret Thatcher (1979-1990). Alitée dans un hôpital privé de Londres, l’ex-Dame de Fer doit observer chaque pas de son rejeton conservateur avec tendresse.

Le plan d’austérité de Cameron prévoit même le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite de 65 à 66 ans d’ici 10 ans. Le Royaume-uni n’est pas la France… La culture de la manifestation n’y est pas aussi forte, d’autant que les principales victimes des coupes sont les fonctionnaires et les pauvres. Les premiers sont généralement mal vus de la population, les seconds sont souvent ignorés et sont loin d’avoir les moyens de descendre dans la rue. C’est surtout quand sont gommés les acquis sociaux de la classe moyenne que les passions sociales s’enflamment.

David Cameron, 43 ans, a décidé  de frapper vite – il a été élu en mai?– et fort : avec des coupes de 25 % en moyenne dans chaque ministère, il veut ramener le déficit public de 11% à 2% du PIB d’ici cinq ans. Il compte sur le secteur privé pour donner un coup de fouet à la croissance. Avec son remède de cheval, le plus jeune premier ministre britannique depuis 200 ans veut revenir au galop à l’équilibre budgétaire. Pas question de tourner bride. La course hippique britannique a commencé.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version