EXCLUSIF logoDes travaux devant la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal, ont permis de faire des découvertes archéologiques inespérées.

Des fouilles archéologiques ont lieu depuis mercredi dans le cadre des travaux de réfection de la rue Saint-Paul et des fondations de la chapelle, construite dans la 2e moitié du XVIIe siècle, incendiée en 1754, puis rebâtie en 1771.

L’équipe de l’archéologue Simon Santerre, de la firme Ethnoscop, a déterré plusieurs artéfacts français et exposé un mur de pierre qui formait l’enceinte de l’ancienne chapelle. Un possible foyer et un fragment de poterie d’origine amérindienne ont aussi été retrouvés dans la couche la plus profonde, près du sol naturel.

«Dans le Vieux-Montréal, les sites amérindiens ne sont pas très nombreux, donc quand on en trouve, c’est excitant», affirme M. Santerre. Il ajoute que des artéfacts français ont été retrouvés dans la même couche que le fragment de poterie amérindien, ce qui pourrait suggérer une cohabitation.

«On est vraiment à la phase contact. Si les Français et les Amérindiens ne se sont pas croisés ici, les Français sont arrivés sur le sol qui venait d’être quitté», explique l’archéologue.

«De notre côté, c’est de l’information très intéressante parce qu’on peut en savoir plus sur l’histoire de la chapelle.» –Stéphan Martel, historien de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours

Des travaux d’analyse permettront de mieux connaître la nature des vestiges amérindiens retrouvés, ajoute M. Santerre.

L’historien de la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, Stéphan Martel, semblait ravi des découvertes lorsque Métro l’a rencontré sur le chantier lundi.

«C’est excitant. De mon côté, je ne m’attendais pas à ce qu’on retrouve l’ancien mur de clôture de la chapelle, qui date probablement du XVIIIe siècle. Sur le pourtour de la chapelle, beaucoup de sol a été remué au cours des années, ce qui fait qu’il y a eu des pertes et de la destruction de maçonnerie, avance-t-il. L’année passée, il y a eu des fouilles sur la rue Bonsecours et il y avait rien. Alors quand on a fait creuser ici, je ne m’attendais pas à grand-chose.»

M. Martel fait savoir que trois autres foyers amérindiens ont été retrouvés sous l’emplacement actuel de la chapelle. On a pu déterminer que deux d’entre eux datent du sylvicole moyen ancien, une période se situant entre 400 av. J-C. et 500 de l’ère moderne.

«Ce site-là nous permet de créer une chronologie de l’occupation humaine sur 2400 ans sans interruption. Et là, avec le foyer découvert aujourd’hui, on espère qu’on a encore d’autres traces», lance l’historien.

Les artéfacts découverts pourraient éventuellement être intégrés à l’exposition historique dans la chapelle. Le mur de pierre sera recouvert d’un géotextile pour le protéger, puis enterré.

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