Josie Desmarais/Métro

Le projet de données ouvertes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) accuse un retard alors que presque toutes les données promises manquent toujours à l’appel.

Le SPVM et la Ville avaient lancé ce projet en avril dernier en publiant un premier jeu de données ouvertes géolocalisées répertoriant les entrées par effraction sur le territoire de la Ville depuis 2015. Ils avaient alors promis que «les vols de véhicules, les vols dans les véhicules, les vols qualifiés, les méfaits, les accidents de circulation et les infractions entraînant la mort» seraient ajoutés au programme au cours de l’été. Or, une visite sur le portail des données ouvertes de la Ville permet de constater qu’aucune donnée supplémentaire n’a été publiée depuis cette annonce.

À la Ville, on a fait savoir que la publication de ces données accusait un certain retard mais qu’elles seraient rendues publiques à l’automne. «Le traitement de ces données – intégration et normalisation, entre autres – en vue de leur ouverture nécessite quelques semaines de plus», a fait savoir par courriel la porte-parole de la Ville, Valérie de Gagné.

«Lorsque la date a été communiquée, elle était basée sur les délais courants pour ce type de demande. À l’usage, la demande s’est révélée plus complexe que ce qui a été anticipé à l’origine», a-t-elle ajouté.

Du côté du parti d’opposition Projet Montréal, on ne se surprend guère des retards dans la publication des données supplémentaires.

«Ce n’est pas la première fois que l’administration de Denis Coderre fait des annonces qui ne se réalisent pas ou qui arrivent de nombreux mois après la date prévue.» – Sylvain Ouellet, conseiller de ville dans le district François-Perrault pour Projet Montréal

«Comme dans plusieurs cas avec cette administration, on fait souvent des gros shows. On fait énormément d’annonces qui ne se réalisent pas ou qui sont reportées. On dit qu’on va faire une chose, on fait la première étape pour être visible et pour émettre un communiqué de presse, mais après ça, il n’y a pas de suivi ou de continuité», juge le conseiller de François-Perrault, Sylvain Ouellet.

M. Ouellet a indiqué que le jeu de données sur les entrées par effraction, publié au moment de lancer le projet, comporte lui-même quelques problèmes. Par exemple, la géolocalisation des données selon le coin de rue le plus proche n’est pas pondérée en fonction de la population, ce qui pourrait donner une image déformée des taux de criminalité, a-t-il avancé. Dans certains quartiers moins denses, cette mesure peut ne pas protéger efficacement la vie privée des victimes, a ajouté M. Ouellet.

Malgré deux demandes, le comité exécutif n’a accordé aucune entrevue à Métro à ce sujet. Des questions formulées par courriel auprès du responsable des dossiers de la ville intelligente et des technologies de l’information au comité exécutif, Harout Chitilian, ont été transférées au service des communications de la Ville.

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