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L’administration du maire Denis Coderre promet de réfléchir à une solution pour attirer les jeunes familles à acheter une propriété sur l’île de Montréal. Elle pourrait même revoir la décriée taxe de Bienvenue.

Cette taxe, qui représente des droits sur les mutations immobilières, est réservée aux ménages achetant une propriété dans une municipalité québécoise. Année après année, elle rapporte de plus en plus de revenus à la Ville de Montréal.

En 2016, plus de 184M$ ont été récoltés par l’administration municipale, une somme en hausse de 19% depuis 2014. «Ça démontre la vitalité de Montréal, on ne peut être qu’heureux», souligne Pierre Desrochers, président du comité exécutif de la Ville, qui a publié mercredi le rapport financier de 2016.

Malgré cette hausse, Montréal a pourtant de plus en plus de mal à convaincre les jeunes familles de s’installer sur son territoire. En février dernier, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) révélait qu’en 2016, 16 600 personnes avaient quitté l’île pour s‘installer notamment en périphérie.

Les principales catégories de citoyens touchées? Les enfants âgés d’au plus 14 ans et les adultes âgés de 25 à 44 ans.  Les jeunes qui se situent dans la catégorie des 15 à 24 ans – les étudiants – affluaient pour leur part du côté de la métropole. «La rétention des familles avec enfants reste un enjeu pour Montréal», écrivait l’ISQ dans son rapport.

«On verra en temps et lieu»
Afin d’y remédier, l’administration du maire Coderre – qui a déjà mis en place des remboursements et aides financières, notamment pour les familles réalisant leur première acquisition –, garde la porte ouverte à une éventuelle révision de cette taxe.

«Je ne pourrais pas dire si l’on y touchera ou non, mais on verra en temps et lieu», promet Pierre Desrochers, qui met en avant le projet de loi 121 censé augmenter l’autonomie de Montréal.

«On aura des outils pour attirer et conserver les familles à Montréal, reprend-il. C’est un objectif et un enjeu. On trouvera des moyens.»

«Remanier cette taxe»
Plus affirmative, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) réclame quant à elle une révision de cette taxe lancée en 1976 par le ministre Jean Bienvenue, dont la grille d’indexation n’a jamais été revue depuis 1992.

Précisant que Québec ne compte que 61% de propriétaires, contre 70% au minimum pour les autres provinces, la FCIQ estime qu’une réflexion doit être rapidement menée. «Si on veut aider les familles à acheter, il faut vraiment remanier cette taxe et adapter les fourchettes d’indexation en fonction de la réalité du marché», clame Paul Cardinal, directeur du service analyse du marché au sein de l’organisme qui prône l’exonération de cette mesure pour les citoyens achetant leur première propriété.

Un sentiment partagé par Projet Montréal, l’opposition officielle à l’hôtel de ville. Regrettant «la pression» et «le fardeau mis sur les épaules» des familles, Valérie Plante, la chef du parti, espère «une plus grande implication de Québec dans l’habitation à Montréal».

«Ce serait une bonne idée de remettre cette taxe en question, mais dans une perspective plus gobale, assure-t-elle. Il ne faut pas faire une coupure pour rajouter le fardeau ailleurs.»

Comment ça marche?

Pour l’achat d’une propriété de 300 000$, le néo-propriétaire devra verser 3000$ à la Ville. Si cet achat s’élève à 600 000$, cette taxe sera en revanche de 8000$. Cette somme est calculée selon la répartition suivante:

  • De 0 à 50 000$ : 0,5% de la somme dans cette tranche
  • De 50 000 à 250 000% : 1%
  • De 250 000 à 500 000% : 1,5%
  • Plus de 500 000% : 2%

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