Le Biodôme célèbre lundi son 25e anniversaire. Certains animaux y habitent depuis le tout début, et certains employés les ont vu évoluer depuis tout ce temps. TC Media est allé à leur rencontre.

Il y a 25 ans, «une période très fébrile»
C’est le 19 juin 1992 que le Biodôme ouvre ses portes. Durant la fin de semaine d’ouverture, 20 000 personnes s’y rendent, après avoir fait la file pendant 4 heures, voire 5 heures. Plus d’un million de personnes ont visité ce nouveau «jardin-musée» la première année.

«Le vélodrome [l’ancienne installation où est situé le Biodôme] était un hommage au sport. Le Biodôme, c’est un hommage à la nature», dit le responsable des programmes éducatifs, Yves Paris. M. Paris souligne du même souffle que l’année de l’ouverture, les Conventions de Rio étaient ratifiées, signe que l’intérêt pour l’environnement était dans l’air du temps.

La responsable des collections vivantes, Sylvie Motard, parle pour sa part des débuts du Biodôme comme étant une «période très fébrile». Les installations de l’Aquarium (situé sur l’île Sainte-Hélène) et du Zoo de Montréal (constitué du Jardin des Merveilles, au parc LaFontaine, en été, et du parc Angrignon en hiver), qui ont fermé au tournant des années 1990, ont servi à accueillir pendant un an les animaux avant l’ouverture du Biodôme, puisque leur processus d’acquisition a été très long.

De vieux locataires
Aujourd’hui, on trouve encore deux caïmans, trois esturgeons noirs (qui ont aujourd’hui de 40 à 50 ans), un manchot et un tambaqui – un poisson tropical – qui vivent au Biodôme depuis ses débuts.

Les animaux ont tendance à vivre plus longtemps en captivité que dans la nature, affirme Yves Paris. «Ils ont une meilleure hygiène, ils reçoivent des soins appropriés, n’ont pas de prédateurs et pas de stress.»

Les caïmans vivaient dans une autre institution zoologique, les esturgeons ont été capturés dans le fleuve Saint-Laurent un an avant l’ouverture de l’établissement, et les manchots habitaient l’Aquarium de Montréal, précise Mme Motard. «Un des manchots était un petit poussin à l’ouverture», se souvient-elle. La plus vieille des manchots du Biodôme est morte l’an dernier, à l’âge vénérable de 35 ans. Dans la nature, cette espèce vit en moyenne 20 ans.

Sans faire partie de l’institution depuis 25 ans, d’autres animaux passablement âgés y vivent aussi. C’est le cas d’une loutre de 17 ans (alors que cette espèce vit en général 12 ans dans la nature), pour laquelle on a construit une rampe afin qu’elle puisse grimper facilement en haut d’une butte.

Les animaux vieillissants du Biodôme reçoivent des soins «gériatriques», comme l’administration de suppléments de glucosamine. Un manchot royal a été opéré pour ses cataractes. Un des caïmans est présentement à la clinique vétérinaire pour y soigner ses rhumatismes. La diète des animaux âgés est aussi différente. «On leur donne plus de mou», détaille M. Paris.

Dans un autre ordre d’idées, M. Paris fait remarquer que la végétation du Biodôme est aussi beaucoup plus fournie aujourd’hui qu’il y a 25 ans.

Beaucoup de souvenirs
Un visiteur qui tombe dans un bassin d’eau. Des castors qui sortent de leur périmètre et se font les dents sur des arbres de la forêt laurentienne. Des anecdotes, M. Paris et Mme Motard, qui travaillent tous deux au Biodôme depuis son ouverture, en ont plusieurs.

«Avec du vivant, on ne sait jamais ce qui va arriver», fait valoir M. Paris. Beaucoup d’ajustements ont été nécessaires au fil des années. Ça été le cas quand le Biodôme a voulu introduire des fous de Bassan. «Dans la nature, ce sont des oiseaux qui plongent à une profondeur de un mètre ou deux pour chercher leur nourriture. Ici, ils se sont mis à plonger au fond du bassin, pour aller picosser les poissons. Ce n’était pas un comportement prévisible, selon la documentation qu’on avait. On a dû s’en départir», témoigne M. Paris.

Le dévouement de Mme Motard – qui prendra d’ailleurs sa retraite le mois prochain, après 33 ans de service à la Ville – a été sans bornes au fil des années. Elle se souvient avoir sauvé la vie d’un manchot en lui faisant la respiration artificielle, et d’avoir couvé, un 1er janvier, l’œuf d’un autre quand le père, trop effrayé, avait momentanément abandonné celui-ci.

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