Josie Desmarais/Métro Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, la mairesse de Paris, Anne Hidalgo et le maire de Montréal, Denis Coderre

Réunis à Montréal dans le cadre du congrès de Metropolis, de nombreux maires de villes du monde entier ont emboité le pas à Denis Coderre en dénonçant l’attitude du président américain, Donald Trump, dans la lutte contre les changements climatiques.

«Il y a des visionnaires et il y en a qui regardent dans le rétroviseur», a affirmé mardi la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, au Palais des congrès de Montréal. En compagnie de nombreux élus de la planète, cette dernière a soutenu Denis Coderre, président de cette association réunissant plus d’une centaine de maires, qui a dénoncé «le non sens» de Donald Trump. Ce dernier aurait, selon le maire de Montréal, «provoqué quelque chose de grand».

En se retirant, début juin, de l’historique Accord de Paris, signé par près de 190 pays, le président américain aurait offert «l’occasion aux villes de «réaliser les objectifs» de cette entente, a assuré l’ex-député libéral, évoquant notamment «la formidable sensibilité et mobilisation des maires, du milieu des affaires et de la société civile».

«Si, ensemble, on décide d’appliquer ces mesures dans les transports, la construction ou en prévoyant des espaces de verdissement dans nos villes, nous pourrons déjà faire diminuer de 40% les gaz à effet de serre dans le monde», a quant à elle estimé Anne Hidalgo.

Les maires de Paris et de Montréal ont également eu le soutien de Justin Trudeau. Présent lors de ce congrès, le premier ministre canadien a avoué sa «déception» face au «gros pas en arrière» du gouvernement américain. Le député de Papineau a ensuite invité les villes à faire preuve de «leadership».

«C’est très possible de faire des gains concrets dans la vie des citoyens. Les villes et les provinces le comprennent bien : protéger l’environnement n’est pas qu’une question de génération future, mais aussi d’emploi et d’innovation», a clamé M. Trudeau, en référence aux occasions d’emploi dans les énergies renouvelables.

«S’il y en a qui se retire [de l’Accord de Paris], c’est dommage, mais on ne flanche pas. On continue de foncer vers la direction que les citoyens sont en train d’exiger.» – Justin Trudeau

Des maires à lunisson
Un peu plus tôt dans la journée, plusieurs autres maires ont eux-aussi apporté leur soutien à cet Accord de Paris. «Il en va du monde et surtout de l’être humain, a déclaré l’adjoint au maire de Marseille, Jean Roatta. Nous travaillons pour l’humanité, pas uniquement pour l’économie d’un pays. La mondialisation doit respecter l’environnement.»

«Notre planète est un bien commun, a pour sa part assuré le maire de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, Armand Beouindé. Nous avons, les villes, un pouvoir local. Nous devons faire en sorte, avec nos actes, de travailler pour sauvegarder notre planète en faisant le bon choix d’investissement au niveau de la mobilité urbaine ou de l’agriculture périurbaine.»

Le maire de Kiev en Ukraine, Vitali Klitschko, a quant à lui avoué être «un peu triste» de ne pas pouvoir compter sur «le support du plus fort pays du monde». «Mais tout le monde comprend qu’il faut sauver la planète», a mentionné l’ancien champion du monde de boxe. Selon le maire de Québec, Donald Trump «a comme cristallisé une opposition». «Il a fait en sorte qu’on soit à l’unisson derrière COP 21 [nom donné à la conférence organisée à Paris en 2015], a soutenu Régis Labeaume. Moi, personnellement, savoir que Trump fait ce qu’il fait, je vais travailler deux fois plus fort pour appuyer COP 21».

Invité lui-aussi à s’exprimer, le premier ministre du Québec a avoué être «déçu» par Donald Trump. Philippe Couillard s’est dit «rempli d’enthousiasme» de voir l’engouement des principales villes américaines voulant respecter l’entente initiale.

Près de 140 maires et environ 1000 délégués et conférenciers sont attendus jusqu’au 22 juin à Montréal à l’occasion du congrès Metropolis.

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