La population de Montréal continuera de décliner, contrairement à Québec
Pendant que la région métropolitaine de Québec s’apprête à connaître l’une des plus fortes croissances démographiques de la province, l’île de Montréal devrait voir sa population fondre de 10 % d’ici 2051. C’est ce que révèle la mise à jour annuelle des perspectives démographiques publiée jeudi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).
À l’échelle provinciale, le portrait est celui d’une population qui se stabilisera autour de 9,2 millions de personnes au cours des prochaines décennies. À court terme, toutefois, une baisse d’environ 50 000 personnes — soit –0,6 % — est attendue entre 2025 et 2029, principalement en raison de la réduction du nombre d’immigrants temporaires. Ce scénario fait écho aux données du Bilan démographique publié en mai : la population québécoise a déjà légèrement reculé en 2025, une première depuis que l’ISQ compile cette donnée, après une croissance exceptionnelle de près de 500 000 personnes au cours des quatre années précédentes.
Montréal en repli, Québec en hausse
Le contraste entre les deux plus grandes villes du Québec est saisissant. Selon le scénario de référence de l’ISQ, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec affiche la plus forte croissance projetée parmi toutes les RMR de la province, avec une hausse de 16 % d’ici 2051. La région administrative de la Capitale-Nationale fait également figure de chef de file à l’échelle régionale, avec une croissance projetée de 14 %.
La RMR de Montréal, à l’inverse, est l’une des deux seules dont la population projetée en 2051 serait inférieure à celle de 2025, avec un recul anticipé de 3 %. Et ce chiffre masque une réalité encore plus prononcée pour l’île elle-même : la région administrative de Montréal devrait perdre 10 % de sa population d’ici 2051, ce qui ramènerait ses effectifs à environ 1,96 million de personnes — soit leur niveau de 2016. Pendant ce temps, la couronne de la RMR de Montréal poursuivrait sa croissance pour atteindre 2,5 millions de personnes.
Deux facteurs en cause pour Montréal
La baisse appréhendée sur l’île de Montréal s’explique par deux phénomènes convergents. D’abord, la réduction attendue du nombre d’immigrants temporaires, qui avaient massivement contribué à la croissance de la métropole entre 2022 et 2024. Le nombre de résidents non permanents au Québec a déjà chuté de 51 400 personnes en 2025, selon le Bilan démographique de l’ISQ. Ensuite, la poursuite de la régionalisation de l’immigration : la part des nouveaux résidents permanents s’établissant à Montréal est passée d’environ 75 % il y a vingt ans à 45 % en 2024-2025, une tendance que les politiques provinciales récentes ont cherché à accentuer.
Le gouvernement Legault avait d’ailleurs fait de cette régionalisation un objectif explicite, en concevant le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) de manière à défavoriser la région montréalaise. En janvier 2026, moins de 35 % des invitations envoyées visaient des résidents du Grand Montréal, qui accueille pourtant la vaste majorité des immigrants de la province. Le gouvernement Fréchette a depuis réactivé le Programme de l’expérience québécoise pour deux ans, mais sans remettre en question l’objectif de régionalisation.
Des besoins en logement qui ne diminuent pas
Paradoxalement, la baisse de population attendue à court terme n’entraînera pas de réduction des besoins en logement. Selon les projections de l’ISQ, le nombre de ménages privés et les besoins en logement collectif augmenteront de 0,7 % entre 2025 et 2029, même si la population totale diminue de 0,6 %. Ce phénomène s’explique par le vieillissement de la population : les personnes âgées ont des besoins en logement différents — et souvent plus importants, notamment du côté des résidences collectives — que les jeunes ménages ou les immigrants temporaires qui quittent le pays.
Un outil de planification, pas une prédiction
L’ISQ rappelle que ces projections sont des modélisations basées sur les tendances actuelles en matière de fécondité, de mortalité et de migration, et non des prévisions. Des données plus détaillées par municipalité et par MRC seront diffusées au cours des prochains mois. Mais le message général est clair : l’axe démographique du Québec se déplace, lentement mais durablement, de Montréal vers la région de Québec et les couronnes périurbaines.
Cet article a été produit par l’intelligence artificielle et édité par un journaliste. Veuillez consulter notre Politique d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins journalistiques pour en savoir davantage sur nos pratiques concernant l’IA. Pour toute question, contactez Olivier Robichaud, rédacteur en chef, à l’adresse orobichaud@journalmetro.com.