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Soutenue par plusieurs organismes, l’opposition officielle, Projet Montréal, demande à la Ville de Montréal et à son service de police de présenter des excuses à la communauté LGBTQ pour les rafles policières dans des bars gais menées à la fin du siècle dernier.

«La communauté LGBTQ a été victime de harcèlement systémique de la part du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et ce, pendant plusieurs décennies, indique, dans un communiqué, le conseiller du Mile-End, Richard Ryan. Cette répression constitue une tache sur la feuille de route du SPVM et de la Ville de Montréal, qui doivent faire amende honorable et s’excuser officiellement auprès de la communauté.»

Au cours des dernières décennies, de nombreuses rafles ont été menées dans des bars gais de Montréal, rappelle l’opposition, en évoquant notamment celles effectuées au Truxx, en 1977, au Buds, en 1984, au Sex Garage, en 1990, et au Katacombes, en 1994. Au total, plus de 800 personnes ont été arrêtées et ces rafles, assure Projet Montréal, ont contribué «à créer un climat de tension entre [la communauté LGBTQ] et les forces de l’ordre.»

«Le maire Jean Drapeau ne voulait pas qu’on voie ça, il voyait cette communauté comme des pervers et il y a eu des purges.» –Éric Pineault, président de Fierté Montréal

Alors que s’ouvre ce jeudi le festival Fierté Montréal au parc des Faubourgs, qui se conclura le 20 août par le traditionnel défilé, la chef de l’opposition, Valérie Plante, attend un geste de l’administration Coderre. «La lutte contre l’homophobie et la transphobie a fait des pas de géant au cours des dernières années, y compris au sein du corps de police, mais il serait faux de croire que tout est réglé, mentionne-t-elle, en demandant «la création d’un lieu en hommage à ceux qui se sont battus contre cette répression.»

«La Ville de Montréal et le SPVM sont capables de faire preuve d’autant d’humilité et de grandeur d’âme. C’est la bonne chose à faire», imagine-t-elle, en soulignant les excuses faites en 2016 par le chef de la police de Toronto, Mark Saunders, pour des rafles menées dans des saunas de la ville en février 1981. En cas de victoire électorale, cette dernière promet de formuler de telles excuses.

Cette demande est fortement appuyée par plusieurs organismes, dont Fierté Montréal, qui y voit «un processus de réconciliation important». «Mais il faut que ce soit sincère, prévient Éric Pineault, président de Fierté Montréal. Ça doit venir du cœur.»

«De telles excuses devraient être assez simples, estime Pascal Vaillancourt, directeur d’Interligne, anciennement Gai Écoute. Elles permettraient notamment d’augmenter le sentiment de confiance de la communauté envers le SPVM, qui, on le sait, n’est plus le même et a évolué. Mais il ne faut pas oublier que ces actions ont brisé plusieurs vies.»

Ni la Ville de Montréal, ni le SPVM n’ont encore réagi. Le maire de Montréal, Denis Coderre, doit cependant prononcer un discours vendredi, vers 18h, au cours de la cérémonie d’ouverture du festival. «On ne sait jamais», sourit Éric Pineault.

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