Archives TC Media La plaque en hommage aux 14 femmes tuées lors des événements de Polytechnique.

Alors qu’une manifestation pro-armes prévue samedi sur la Place du 6-décembre-1989, créée en hommage aux victimes de la tuerie de Polytechnique, a été dénoncée par tous les ordres du gouvernement, les organisateurs ont finalement fait marche arrière.

«Elle va avoir lieu, mais on est en réflexion pour lieu», a déclaré à Métro mardi après-midi, Dominique Duchesne, l’un des porte-parole du regroupement Tous contre un registre des armes à feu à l’origine de ce rassemblement. Celui-ci, tel qu’on peut le lire sur la page Facebook dédiée à cet événement, vise à dénoncer «le contrôle excessif des armes à feu». Près d’une centaine de personnes avait d’ailleurs confirmé leur présence et plus de 200 autres avait aussi montré un intérêt.

«Mais on a eu des menaces de mort, a détaillé M. Duchesne, qui laisse la porte ouverte à changer de ville. On ne voudrait pas qu’il puisse arriver quoi que ce soit aux gens qui se présentent.»

Tout au long de la journée, ce rassemblement, qui devait se tenir quatre jours avant les commémorations annuelles d’un tragique événement qui a coûté la vie à 14 femmes, avait été vivement critiquée.

Après avoir évoqué «un manque de respect inacceptable envers les victimes de cette tragédie et toutes les femmes victimes de violence», la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait demandé aux organisateurs d’annuler ce rassemblement, avant de juger que ce n’était «ni l’endroit ni le moment».

D’autres voix se sont aussi élevées. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, y voyait «un geste inutilement provocateur et cruel». «Peu importe le débat ou les arguments, il faut d’abord penser aux familles des victimes de Polytechnique, a-t-il écrit sur Twitter. Que leur souvenir ne soit jamais oublié.»

«Aller manifester sur la place du souvenir, là où l’on commémore la mort de 14 jeunes femmes qui ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes, je trouve ça absolument scandaleux», avait quant à lui martelé le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui, en entendant parler de cette manifestation, pensait à «une très, très mauvaise blague […] de mauvais goût.»

Enfin, la ministre de la Condition féminine, Hélène David, avait elle aussi dénoncé un regroupement «indécent» et «immoral» dans «un lieu même où les familles des victimes se recueillent.»

L’organisme, qui a reconnu «un petit sens de provocation» dans la mise en place de cet événement, a avoué être perplexe à la lecture de ces critiques.

«Tout le monde parle de liberté d’expression, mais apparemment, elle s’arrête là où elle ne fait pas plaisir», a réagi M. Duchesne, précisant que ce rassemblement ne voulait pas «manquer de respect aux victimes de cette tragédie absolument abominable.»

«L’idée de base n’était pas irrespectueuse, a-t-il assuré, tout en indiquant vouloir «amener la voix des propriétaires des armes à feu» qui ne seraient pas écoutés, selon lui.

La Place du 6-décembre-1989 a été aménagée dix ans après la tuerie de la Polytechnique, au cours de laquelle Marc Lépine a abattu 14 femmes. Les familles des victimes s’y recueillent chaque 6 décembre.

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