Mario Beauregard / Métro Le quartier général du SPVM

L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal a réclamé la présence du nouvel administrateur intérimaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martin Prud’homme, lundi, à la prochaine séance du conseil municipal, afin de «désamorcer la crise» et «rassurer la population». Une demande refusée par l’administration Plante qui veut lui laisser un peu de temps pour peaufiner son plan.

«Lorsqu'[il] aura élaboré son propre plan pour régler les problèmes de gouvernance et rétablir la confiance, il aura la chance de venir le présenter devant la Commission de la sécurité publique (CSP), lors d’une séance ouverte et transparente», a indiqué, jeudi, Nathalie Goulet, responsable de la sécurité publique au sein de la Ville.

Cette CSP, qui réunit des élus provenant de différentes formations politiques, devrait se tenir «début 2018», précise-t-on du côté de l’administration Plante.

Un peu plus tôt dans la journée, justifiant une «question de transparence», l’opposition avait demandé à interroger dès lundi Martin Prud’homme afin de connaître ses intentions pour rétablir la situation au SPVM.

«Le SPVM est en crise. On est sous une forme de quasi tutelle», avait martelé le chef de l’opposition, Lionel Perez, au lendemain de la suspension du chef de police, Philippe Pichet, en raison d’un rapport accablant dévoilé mercredi.

Ce document a notamment révélé l’existence d’enquêtes bâclées, d’allégations criminelles non étudiées et d’un climat extrêmement tendu au sein du plus grand corps municipal de police au Québec, où régnerait une intense guerre de clans.

«On ne demande pas un plan détaillé, mais des orientations et une ligne directrice, expliquait Lionel Perez. Il y a encore beaucoup de flou et beaucoup de questionnements.»

«Un civil demandé»

Martin Prud’homme

Nommé mercredi pour un mandat d’un an, Martin Prud’homme dirigeait précédemment la Sûreté du Québec. Il retrouvera ce poste de direction au sein du corps de police provincial dès 2019, à la fin de sa mission montréalaise.

L’opposition a déjà fait part de son souhait de voir ensuite un civil à la tête du SPVM «pour évacuer tout enjeu de rivalité».

Son prédécesseur et ex-maire, Denis Coderre, ayant réitéré à plusieurs reprises sa confiance envers Philippe Pichet, Lionel Perez, ancien membre du comité exécutif, a également tenu jeudi à défendre l’ancienne administration municipale.

«Les problématiques concernant le SPVM sont systémiques et c’est une question de culture. Ça ne date pas d’il y a un ou deux ans, mais d’au-moins une décennie. Changer la tête dirigeante ne va pas changer la culture organisationnelle du SPVM. Il faut aller au fond des choses», a-t-il indiqué, rappelant que le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, avait lui-même soutenu Philippe Pichet il y a quelques mois, avant de le suspendre mercredi.

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