Archives Métro/Chantal Levesque

Un document confidentiel réalisé par la direction générale de la Société de transport de Montréal (STM) révèle de l’inquiétude pour l’entreposage des 300 bus hybrides promis par la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Le mois de janvier sera un tournant pour Montréal en matière de mobilité, avait promis, en décembre, Valérie Plante. Celle-ci devrait lancer, dans les prochaines jours, un appel d’offres pour l’acquisition d’environ 300 bus hybrides, tel que clamé durant sa campagne électorale victorieuse.

Le financement de cette mesure devrait par ailleurs être précisé ce mardi matin puisque les ministres provinciaux des Transports et de la région de Montréal, André Fortin et Martin Coiteux, ont convoqué la presse en compagnie de Valérie Plante et du patron de la STM, Philippe Schnobb pour dévoiler «un investissement important dans le réseau de transport» de la métropole.

Réalisé en novembre 2017, après les dernières élections, un rapport confidentiel de la STM, qu’a pu consulter Métro, révèle cependant qu’une «accélération» doit être menée «dans la construction de centres de transport» afin d’accueillir cette nouvelle flotte de bus, mais aussi celle déjà prévue par la précédente administration, pour, notamment, remplacer les véhicules dont la durée de vie de 16 ans a atteint ses limites. Environ 150 bus sont prévus à cet effet pour 2019.

«La capacité actuelle des installations ne permet pas d’accueillir tous les bus à relocaliser en 2019 ou les véhicules supplémentaires à acquérir pour atteindre l’objectif des 300 bus d’ici 2020», peut-on lire dans ce document.

Un manque de 400 places
En outre, on apprend que le garage de Saint-Denis, qui devait initialement être utilisé jusqu’à la fin de l’année 2021, avant la construction d’un nouveau centre sur la rue Bellechasse, censé être opérationnel en 2022, va devoir fermer en 2019 «à cause de la désuétude du toit», précise ce document. Au total, il manquera 182 espaces pour bus de 12 m, le modèle le plus répandu.

Plusieurs idées sont notamment proposées dans ce rapport. La STM préconise d’accélérer la construction du garage de Bellechasse et de devancer la construction du nouveau centre Mont-Royal, tout en conservant l’édifice actuel, bien que celui-ci nécessite d’importantes rénovations. L’organisme propose également de «mettre en branle un projet pour la construction d’un tout nouveau» garage. Enfin, une éventuelle «location» d’un «centre de transport temporaire» est soulignée.

Dès 2019, afin d’augmenter la flotte actuel, la STM émet aussi l’idée de louer des bus type autocar, utilisés pour le transport de passagers sur des longues distances, sur des lignes express et pour se rendre à l’aéroport, comme elle a déjà eu l’occasion de le faire avec parcimonie par le passé. Elle envisage également de louer des bus scolaires «pour couvrir l’offre de service des écoles» durant les heures de pointe.

Des bus à 1,3M$
Alors que Projet Montreal avait évoqué, peu avant les élections, un coût de 225M$, l’achat de ces 300 bus hydrides est plutôt estimé, selon ce document, à 400M$, soit 1,3M$ par bus. Ce chiffre est plus élevé que ceux mentionnés dans le dernier budget de la STM, puisque l’acquisition de tels véhicules était chiffrée à près d’un million de dollars par bus.

Aucune précision sur ce coût n’est donnée et la Ville de Montréal n’a pas émis de commentaires. Membre du conseil d’administration de la STM, le conseiller Marvin Rortrand a confirmé que des discussions ont été menées sur ce sujet, mais n’a pas voulu réagir. Porte-parole de la STM, Johanne Dufour a quant à elle indiqué que ces données proviennent d’«un document interne de réflexion».

Comme le souligne ce document, «les solutions pour mettre en service 300 bus supplémentaires d’ici 2020 entraîneront inévitablement une augmentation des coûts d’opération, dont le recrutement de chauffeurs. Une rehaussement annuel de 75M$ est évoqué pour 2020, tout comme les «retombées positives» d’une «injection massive de service» qui permettront d’ajouter «des milliers d’heures de service».

Saluant «le geste positif» pour améliorer le réseau de transport en commun, le chef de l’opposition officielle montréalaise, Lionel Perez, a néanmoins expliqué qu’un tel achat de 300 bus était «précipité». «On met la charrue avant les boeufs, a-t-il avancé. L’administration veut à tout prix démontrer qu’elle peut tenir une promesse électorale, mais il ne faut pas précipiter ce dossier et prévoir un financement pour un nouveau centre de transport».

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