Métro Fo Niemi, directeur général du CRARR, Balarama Holness et Marlihan Lopez co-vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec.

L’ancien candidat de Projet Montréal, Balarama Holness, et le centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) ont lancé dimanche une pétition pour obliger la Ville de Montréal à tenir une consultation publique sur le racisme et la discrimination systémique à Montréal.

«Nous nous attaquons au profilage racial, à la brutalité policière, à l’accès à l’emploi et la représentativité politique», a soutenu M. Holness, qui avait déjà évoqué l’idée d’une consultation publique quelques semaines après sa défaite aux élections du 5 novembre.

Selon la Charte des droits et responsabilités de la Ville, tout citoyen peut réclamer une consultation publique en présentant une pétition manuscrite de 15 000 noms. «Les 15 000 signatures sont aussi symboliques que la consultation en elle-même», a jugé l’ancien candidat, qui souhaite mobiliser la population montréalaise autour de l’enjeu du racisme systémique.

«On est conscient de la difficulté, mais c’est un enjeu global et on a des appuis suffisants», a indiqué M. Holness. Plus de 100 personnes s’étaient déplacés à l’église Union United Church, dans Saint-Henri pour le lancement, dont des représentants des associations étudiantes des universités McGill et Concordia, de la Fédération des femmes du Québec et du Conseil canadien des femmes musulmanes de Montréal.

Des élus de tous les partis municipaux étaient aussi présents au lancement de la pétition, soit Craig Sauvé, de Projet Montréal, Frantz Benjamin d’Ensemble Montréal et Marvin Rotrand de Coalition Montréal.

«Les gens qui nous représentent ne peuvent pas négliger ces voix. Si vous négligez les minorités, il y a des conséquences politiques et économiques», a dit Balarama Holness, qui déplore qu’aucune personne issue des minorités ne se retrouve sur le comité exécutif de la Ville.

Plan B

Le conseiller municipal de Saint-Michel, Frantz Benjamin, a annoncé dimanche qu’il déposerait une motion au prochain conseil municipal, le 19 février, pour appuyer la tenue d’une consultation publique. «Le profilage n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité qui commande que l’on travaille de manière non-partisane», a souligné M. Benjamin qui a invité ses collègues Craig Sauvé et Marvin Rotrand à travailler avec lui.

Ce dernier a urgé le conseil municipal à agir, soulignant le «retard» de Montréal par rapport à Toronto et Vancouver. «Nous ne faisons pas face aux problèmes que les autres ont déjà reconnus. Toronto a adopté un plan pour lutter contre le racisme envers les Noirs, qui est accompagné d’un budget d’un million de dollars», a illustré M. Rotrand, qui se désole qu’en 2018 la discrimination raciale ne suscite pas le «même enthousiasme» que l’équité entre les genres.

M. Sauvé n’a pas voulu s’avancer sur la résolution de M. Benjamin, mais a dit «appuyer l’initiative citoyenne». «On a de la diversité dans notre équipe, mais on est conscients qu’il faut travailler plus fort, a-t-il assuré. On entend le message.» Le conseiller municipal prône des «actions concrètes». «Une consultation sans actions, ça ne vaut pas grand-chose», a-t-il affirmé.

Par cette résolution, le conseil municipal pourrait décréter une consultation publique avant que cela ne lui soit obligé par la pétition. Mais pour Balarama Holness c’est un «plan B». «les politiciens disent beaucoup de choses, a-t-il ironisé. On ne veut pas dépendre des partis politiques, pour mettre toutes les chances de notre côté. On a vu plusieurs promesses qui n’ont pas été tenues.»

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