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La Ville de Montréal a dévoilé mercredi son «très ambitieux» plan d’action en matière d’itinérance. Pour réaliser 40 actions en trois ans, le budget sera le même que dans les dernières années, soit 7,8M$.

«Ce plan est très ambitieux, mais on aime ça les défis», a lancé la mairesse Valérie Plante, convenant que son administration avait choisi d’investir une «somme similaire» aux dernières années.

Toutefois, la Ville pourra profiter d’une enveloppe de 6M$ supplémentaires du gouvernement du Québec qui est dédiée aux logements sociaux. Dans son plan d’action, l’administration prévoit la création de 950 logements sociaux et de 100 chambres d’ici 2021 pour aider les personnes à sortir de la rue.

«On a décidé de sortir des quartiers centraux, c’est un élément important de ce plan», a souligné Mme Plante. La Ville avait déjà prévu procéder à un nouveau dénombrement des personnes en situation d’itinérance, mais cette fois, dans tous les arrondissements.

Le plan ne prévoit pas l’instauration de refuges dans les extrémités de l’île, comme l’opposition le réclamait, mais une étude sera réalisée sur les besoins à l’extérieur des quartiers centraux. «Ça nous permet d’avoir une vision quantitative, mais on va réaliser un portrait plus qualitatif. Les personnes vivent l’itinérance très différemment quartier par quartier. C’est ce qu’on veut vérifier», a indiqué la responsable de l’itinérance au comité exécutif, Rosannie Filato.

«Avec 40 actions, ce plan est touffu et ambitieux. Mais je pense qu’il faut être ambitieux si on veut aller plus loin dans cette cause.» –Serge Lareault, commissaire aux personnes en situation d’itinérance

Pour établir cette stratégie, près de 100 personnes en situation d’itinérance ont été interrogées. «Le dernier dénombrement, en 2015, nous a laissé entendre qu’il y a un minimum de 500 personnes qui dorment dehors et ne vont pas dans les refuges, a rappelé le commissaire à l’itinérance, Serge Lareault. On a rencontré 65 de ces personnes et la grande majorité nous a dit que c’était la toxicomanie et les troubles de santé mentale qui font qu’elles ne peuvent pas être enfermées pendant 10 heures dans un refuge.»

M. Lareault a annoncé du même souffle qu’un premier «wet shelter» verrait le jour en 2019 à Montréal. Cette nouvelle ressource visera à donner aux personnes itinérantes un endroit dans lequel ils pourront consommer de l’alcool, mais où des intervenants en toxicomanie seront aussi présents pour faire des interventions et de la prévention. Le commissaire a d’ailleurs mentionné qu’une annonce serait faites dans «quelques semaines».

«Je suis particulièrement heureux que le plan parle de développer des programmes destinés aux personnes souffrant d’alcoolisme chronique qui pourraient être référées vers des services adaptés», a applaudi le directeur de l’Accueil Bonneau, Aubin Boudreault.

Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) s’est aussi réjoui du fait que le plan d’action vise aussi «la prévention». «C’est un plan qui porte une vision globale et qui défend une diversité d’interventions, souligne l’organisatrice communautaire au RAPSIM, Alice Lepetit. Notre préoccupation, c’est s’ils vont être capables d’aller chercher les fonds auprès de Québec et Ottawa pour avoir les moyens de leurs ambitions. Par contre je ne serais pas prête à être pessimiste et dire que c’est trop ambitieux.»

Mme Lepetit a ajouté que ce plan s’inscrivait «en continuité» avec les objectifs de l’administration de Denis Coderre. «Mais il y a des engagements plus clairs au niveau de l’analyse de la règlementation et du profilage», a-t-elle souligné.

Cette analyse, qui vise à éviter une surjudiciarisation des personnes en situation d’itinérance, est inscrite dans le plan d’action. Toutefois, M. Lareault a indiqué qu’il était «trop tôt» pour qu’il puisse donner des exemples de règlements municipaux qui devraient être modifiés.

L’opposition officielle s’est aussi réjoui que Valérie Plante ait «maintenu le budget de 2,6 M$ annuel dédié à l’itinérance, tel qu’établi dans le cadre du plan précédent». «Ce sont de bonnes nouvelles pour Montréal», a déclaré le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. L’opposition a toutefois fait part de son inquiétude par rapport à la capacité de réaliser l’objectif de 950 logements sociaux, d’ici 2021, un projet qui dépend beaucoup des gouvernements provincial et fédéral.

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