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Le PQ veut interdire les insultes envers les policiers à travers le Québec

Paul St-Pierre Plamondon lors d'un point de presse à Longueuil dans le cadre des élections provinciales.
Paul St-Pierre Plamondon Photo: Olivier Robichaud / Métro
Maïté Paradis - Collaboration spéciale

Le Parti québécois (PQ) veut s’inspirer du nouveau règlement de la Ville de Montréal pour appliquer l’interdiction d’injures envers les corps policiers à l’échelle du Québec.

«En termes de civisme, la Ville de Montréal a raison de rendre plus clair ce qu’on attend de la population», a affirmé Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse lundi matin à Ulverton.

Le règlement adopté lundi dernier par le conseil municipal de Montréal interdit aux citoyens d’insulter, de menacer ou de harceler les corps policiers et les employés municipaux. Il impose une amende pouvant aller de 300$ à 1000$ pour une première infraction, et des peines jusqu’à hauteur de 2000$ pour toutes infractions subséquentes. 

La Ville de Montréal a adopté ce règlement après la publication, en mars, d’une vidéo devenue virale dans laquelle un jeune se filme en train d’insulter une policière qui procède à son arrestation.

Le PQ avait d’ailleurs déposé, à l’époque, une motion à l’Assemblée nationale visant à modifier la Loi sur la police pour interdire les injures et les propos disgracieux à l’égard des policiers à l’échelle du Québec.

«Il y a une très petite minorité [de Québécois] qui se croit tout permis au point d’insulter les policiers, et c’est devenu avec les médias sociaux un phénomène qui a beaucoup de portée», a commenté Paul St-Pierre Plamondon. «Ce n’est pas acceptable.»

Le chef péquiste a rappelé l’incident de la tuerie de Côte-des-Neiges en juin dernier, qui avait coûté la vie du policier Mohamed Lamine Benredouane, alors en fonction. Selon M. St-Pierre Plamondon, le travail des agents de la paix devrait venir «avec du respect et des ressources pour s’assurer que leur travail peut être fait en sécurité.» 

L’interdiction des injures envers les corps policiers serait donc un «point de départ» à cet égard.

Améliorer la sécurité publique

Dans le cadre de sa «mission fondamentale» de renforcer la sécurité publique, un gouvernement péquiste voudrait embaucher 800 nouveaux policiers, augmenter la capacité de formation de l’École nationale de police du Québec et bonifier les ressources en santé mentale des forces de l’ordre.

De plus, le PQ propose de renforcer la lutte contre le crime organisé, particulièrement le recrutement de mineurs, en bonifiant les escouades mixtes. Celles-ci seraient accordées davantage de policiers, de moyens financiers et 100 nouveaux travailleurs sociaux. Le parti propose également d’engager 100 procureurs pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Ces mesures s’inspirent des «besoins exprimés par les corps policiers et des besoins en matière de prévention de la part des groupes communautaires», a exprimé M. St-Pierre Plamondon. Elles représentent un investissement de 440 M$ dans un premier mandat.

Pour la première fois en six ans, le taux de criminalité au Québec a chuté: en 2025, la baisse était de 5,1%. Toutefois, le PQ se tourne vers l’augmentation des agressions sexuelles, du harcèlement criminel et des féminicides dans la dernière année pour expliquer la nécessité d’injecter des effectifs dans la sécurité publique.

Hésitation sur le port du hijab

De passage dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle, Paul St-Pierre Plamondon n’est pas passé inaperçu lorsqu’il a évité de répondre «pour ou contre» à une question sur le port du hijab en public.

Questionné à ce sujet par les journalistes lundi, le chef péquiste a clarifié la position de son parti. «Il n’y a aucune raison ni aucune intention pour le PQ d’interdire dans l’ensemble de l’espace public les signes religieux.»

Selon lui, son silence révélait plutôt un manque de compréhension, puisqu’il était incertain si la question portait sur le port du hijab dans l’espace public ou les services publics.

La délégation péquiste était justement de passage à Granby, dimanche, pour annoncer ses positions en matière de laïcité. M. St-Pierre Plamondon a clarifié qu’il contesterait toutes éventuelles décisions de la Cour suprême visant à invalider la Loi sur la laïcité de l’État. Le parti a aussi rappelé son intention d’interdire le port de signes religieux par les élèves du primaire et de prohiber les partenariats entre les écoles et les lieux de culte.

Les Québécois décideront de leur prochain gouvernement dans une semaine, le 5 octobre. Selon un sondage Synopsis-La Presse révélé dimanche, le Parti québécois pourrait obtenir un gouvernement majoritaire avec 30% des intentions de vote.

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