Josie Desmarais

L’interdiction de la circulation de transit sur le mont Royal, instaurée dans le cadre d’un projet pilote mis en place le 2 juin dernier, est régulièrement transgressée. À ce jour, près de 200 constats ont déjà été remis à des automobilistes récalcitrants par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Lors du passage de Métro, mercredi matin, aux abords du chemin interdit d’une longueur de 550 mètres, plus de 15 voitures ont illégalement roulé sur la portion défendue de la chaussée en moins d’une heure.

Pourtant, quatre bacs à fleurs en béton limitent le passage des véhicules aux deux extrémités du tronçon. Des pancartes d’interdiction de passage permettent l’entrée des cyclistes, des autobus — municipaux et privés — et des «véhicules autorisés», dont les véhicules d’urgence et d’entretien de la Ville. La limite de vitesse est fixée à 40km/h.

Malgré que de larges bandes rouges soient tracées au sol devant l’entrée de la section interdite, les passages sont fréquents. Mercredi, vers 10h30, un autobus touristique a franchi ces lignes, comme la signalisation l’autorise. En file indienne, trois véhicules de particuliers ont suivi l’autobus à l’intérieur des limites. Une autre voiture, s’amenant en sens inverse, a porté le total d’automobilistes non-autorisés à quatre en l’espace d’une vingtaine de mètres.

L’une des entrées du cimetière Notre-Dame-des-Neiges donne sur le tronçon interdit. Pendant la période d’observation de Métro, quelques voitures s’y sont engagées, ce qu’elles pouvaient techniquement faire, comme elles n’étaient pas en voyage trans-montagne. Une pancarte de la ville conseille toutefois aux véhicules voulant accéder au sanctuaire de 9h à 16h d’emprunter l’autre branche de Remembrance, au sud.

Le projet pilote mis en place par l’administration de Valérie Plante prendra fin le 31 octobre. Il vise évaluer l’impact de l’interdiction de la circulation de transit sur «la circulation, la sécurité, le transport et le transport collectif», avait indiqué la Ville lors de son lancement. Les automobilistes qui veulent accéder au parc doivent passer par le chemin Remembrance ou par la voie Camillien-Houde pour ensuite garer leur véhicule près de la Maison Smith ou du chalet du Mont-Royal.

Le SPVM a dû intervenir à de nombreuses reprises sur le territoire depuis le lancement du projet, selon sa porte-parole, Andrée-Anne Picard. «Il y a eu de la surveillance policière, mais malheureusement nous ne sommes pas constamment là-bas, a-t-elle affirmé. Nous assurons une présence, particulièrement aux heures de pointe, mais il y a encore des gens qui ne respectent pas la signalisation.»

La plupart des contraventions données dans le secteur s’élèvent à des valeurs globales de 149$ ou de 169$, a indiqué le SPVM.

Lorsqu’averti de ces chiffres, l’attaché de presse du cabinet exécutif de la Ville, Youssef Amane, a rappelé que le projet n’en était qu’à ses balbutiements. «Nous avons toujours dit que nous serions en mesure d’apporter des modifications au projet pilote, a-t-il précisé. Il n’est pas coulé dans le béton. S’il y a des modifications à apporter, nous ne sommes pas fermés à l’idée.»

Certains utilisateurs de la route passent par le tronçon pour rejoindre la cavalerie du SPVM, qui est située au sein de la zone. Pour M. Amane, ces passages ne constituent pas des infractions, malgré le fait que ces véhicules de particuliers ne possèdent pas d’autorisation exclusive.

«Ils ne vont pas de l’entrée ouest à l’entrée est, ou l’inverse, a-t-il expliqué. Je ne pense pas qu’ils aient besoin d’une autorisation spéciale. C’est quand même leur lieu de travail. [En plus], même si ce sont des voitures privées, c’est pour des forces policières. On ne coupera pas les cheveux en quatre.»

 

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